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Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !

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Chapitre 6 : Travaux : on sait quand ça commence...

 En juin, ça avance !

 Les murs renforcés, la dalle coulée, nous pouvons respirer un peu et recommencer à rêver de la suite ! Nouvel arrivage de parpaings, sable, cailloux, et autres ciments dans notre jardinet défoncé…

 Voilà notre salon recouvert ! Plus besoin de parapluie pour aller aux WC ! En revanche, il faut regarder où nous mettons les pieds (surtout le soir dans le noir) : notre salon ressemble à une mosquée avec ses 100 piliers ! Pour la même raison, il devient difficile d’accéder à la cave et les lessives sont réduites au minimum (encore une concession de la propreté !)

 La mauvaise surprise sera de constater que les doublages ont souffert des averses de mai et qu’il faut les changer ! Curieux ! A se demander si les ouvriers n’ont pas fait exprès de ne pas bâcher pour nous facturer des travaux supplémentaires ! Nous devenons soupçonneux…

 Le maître d’œuvre vient nous voir avec une nouvelle annexe au devis ; nous commençons à connaître ses manières et discutons de l’utilité, de la façon de faire et surtout du prix de chaque point. Mon mari, bricoleur amateur éclairé il y a encore quelques semaines, a rapidement acquis un savoir via internet et des connaissances techniques auprès des ouvriers qui lui permettent de négocier en toute connaissance de cause. Ce qui agace occasionnellement le maestro dont nous maîtrisons de mieux en mieux le langage : « ça avance » veut dire « nous avons pris du retard »  et « c’est possible » veut dire « il faut payer un supplément ».

 Les murs montent chaque jour et, chaque soir, nous montons l’échelle pour voir l’espace qui se dessine, tous ces mètres carrés supplémentaires que nous aurons peut-être un jour ! Quel palais ça sera !

 Puis ça traîne !

 Après presque 6 mois de vie dans la poussière, dont 3 dans les gravas et les courants d’air,  la fin nous semble encore si loin !

 Les semaines défilent, personne ne ménage sa peine. Les périodes d’euphorie succèdent aux périodes d’abattement, les semaines où rien ne semble avancer aux semaines où tout va vite (ou trop vite). N’est-ce pas la vie, après tout ?

 Il nous semble désormais normal, et pour longtemps, de vivre dans un chantier, de ne plus enlever la poussière, de voir arriver les ouvriers les samedis matins, de laisser les enfants  se rafraîchir dans des bassines d’eau au milieu des poubelles et des outils !

 Théoriquement, la fin du chantier est prévue dans…. 3 semaines ? Non ! Pas possible ! Ils prévoient l’intervention d’un mage pour finir le chantier d’un claquement de doigt ?

  Les murs sont montés mais nous attendons le charpentier qui se fait désirer. Le maître d’œuvre est en rage après lui ; il lui plombe son planning, lui qui nous l’avait vendu comme un des meilleurs ouvriers de France ! La situation semble inextricable : un vrai sac de nœuds !

 Et puis, un matin il arrive, le petit roi charpentier, avec sa cargaison de tuiles, et de poutrelles. C’est étonnant ce qu’une maison peut engouffrer de matériaux (parpaings, ourdis, sable, ciment, bois, tuiles, etc.) ! Combien de tonnes sont passés par le portillon du jardin depuis le début des travaux ? Cette pensée nous laisse pantois. Espérons que notre nouvelle super structure pourra supporter tout ça ! Stupéfiant !

 Interlude estival

 Et les pluies d’orage de ce début d’été commencent (car le toit n’est évidemment pas bâché) ; malgré la dalle du 1er, de l’eau s’infiltre au RDC sur le plafond et les isolations flambant neuves que les ouvriers viennent d’installer et qui laissent apparaître quelques tâches d’humidité… Un dimanche évidemment ; c’est toujours le dimanche les grosses pluies !

 Rapidement, j’escalade l’étage, enjambe la fenêtre et plonge dans la piscine de notre future chambre : 5 cm d’eau au moins sur toute la dalle (pas étonnant que ça coule sur nos plafonds neufs !)

 C’est comme ça que je me retrouve au premier à jouer les équilibristes sur la charpente naissante pour tenter de mettre une vague bâche trouvée dans leurs affaires. Puis avec une pelle à poussière, j’écope plusieurs litres dans une bassine, tandis que la bâche, poreuse, continue de laisser passer l’eau… Après une heure d’effort, le vent s’en mêle et achève d’emporter une partie de la bâche, et le reste de mes illusions. J’abdique. Il y en a qui vont m’entendre demain !    

 Tout désolés, ils ont vidé l’eau le lendemain, comme dans une baignoire ; ils ont ouvert « la bonde » en faisant deux gros trous dans nos murs tout neufs ! Evidemment, je n’y aurais pas pensé ! La maison sera dorénavant bâchée jusqu’à ce que les tuiles la protègent !

 

 

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