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Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !

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Ma grève

Aujourd'hui, 60ème jour de la grève du pinceau !

C'est dans l'air du temps de faire le grève et il est important de "rester dans le coup" : j'ai supporté (comme beaucoup) deux semaines de grèves des transports, fait 50 km par jour sur ma pétrolette pour aller affronter les barricades des étudiants. J'ai également côtoyé, lors de mon stage, des fonctionnaires qui s'interrogeaient mutuellement : "tu vas faire grève, toi ?" "ouais, j'sais pas ; mon père m'a dit qu'il fallait ab-so-lu-ment que je la fasse, mais je ne sais pas trop pourquoi..." : dans quel monde vit-on ? Moi aussi, avec mes semaines de 60 heures, je veux me mettre en grève pour voir car, cette année, j'ai un "régime spécial"...

J'avais le choix : grève du ménage, repassage et autre forme de nettoyage, grève des courses et des repas, grève des travaux, grève des transports (accompagnements extra-scolaires), grève du boulot, grève associative, grève des études, devoirs et mémoires, grève pour la reconnaissance de mon statut de stagiaire, grève des bisous (non, ça, ça n'est vraiment pas possible), grève des câlins du matin-chagrin et des câlins du soir-espoir (non, ça, ça n'est vraiment pas non plus pensable), grève du blog, de l'ordinateur ou du téléphone, etc.

Toujours très organisée, j'avais déposé un préavis de grève en juin dernier : cette année, je cumule reprise d'études/stages/boulot ; il n'y a plus que des semaines de travail qui se succèdent sans pause dominicale : plus de place pour les travaux, et a fortiori pour le pinceau, et service minimum pour le ménage, repassage, courses, etc., (une vraie grève de maîtresse de maison !).

La pillule est difficile à avaler pour les usagers de ma maisonnée ! Pas évident de ne plus pouvoir compter sur "maman-fait-tout", et sur "maman-toujours-là".


Le maître des lieux, toujours très courageux, assure donc le service minimum pour les pinceaux : il souffre le pauvre ! C'est bien là, le problème des grèves. Elles augmentent la difficulté de travailler des autres et leur masse de travail. J'entends bien ses appels à l'aide et comprends ses difficultés : le bleu pas aussi bleu que l'autre, le blanc du plafond qu'on croyait encore assez blanc et qui fait grise mine à côté de celui du mur (humm, les bons souvenirs...). Quand je l'entends pester ou me supplier, même si une envie terrible me taraude de voler à son secours en laissant tomber mon clavier d'ordinateur, je tiens bon, en culpabilisant un peu, mais en me rappelant que c'est ce même clavier qui nous paiera des vacances en février... Faire la grève, c'est aussi faire des concessions et perdre sa possibilité de choisir...

Il y a des jours où, quand je rentre fatiguée, j'aurais bien envie de faire la grève générale, famille comprise ! Mon rythme, depuis deux mois, est très soutenu et ne dit-on pas qu'à l'impossible, nul n'est tenu ? Mais la vie se charge de vous rappeler quelles sont ses vraies valeurs, de vous montrer qu'elle est très courte et parfois amputée précocement par la maladie (salut l'Oncle !). Qui a-t-il de plus important dans ses moments-là que de savoir que l'on compte pour quelqu'un ? La couleur et la beauté de la pièce n'y peuvent pas grand chose, pas plus que le savoir ou le salaire ("sans l'amour, je ne suis rien...").

C'est d'ailleurs ce que je constate également pendant mes heures de stages, au cours de mes permanences d'écrivain public : je rencontre des accidentés de la vie, des dépressifs et des démunis, des esseulés malheureux mais aussi des gens qui se contentent de peu et sont néanmoins heureux. Alors, je rentre le soir dans mon "home sweet home", heureuse d'avoir pu les aider, d'avoir appris d'eux (sans qu'ils en soient conscients) bien plus que je ne leur ai finalement donné, et consciente de la chance que j'ai d'avoir autour de moi le confort d'une famille vivante, aimante et prenante.

Alors, quand l'impossible est la règle, une bonne grève des pinceaux ou des travaux est salvatrice, pour que la bergère ne devienne pas chèvre !

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T
 Qui a-t-il de plus important dans ses moments-là que de savoir que l'on compte pour quelqu'un ? La couleur et la beauté de la pièce n'y peuvent pas grand chose, pas plus que le savoir ou le salaire ("sans l'amour, je ne suis rien...").Hé, bé... C'est beau hein? Je suis bon pour un calin moi ce soir. C'est pas encore aujourd'hui que je poserai mes plinthes.
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J
Etienne, t'es foutu, Bérengère est dans la rue!! ...
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