Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !
Vie sociale
Avoir une vie sociale est difficile : pas possible de recevoir, pas envie de sortir, l’impression de ne plus être présentable. Par moment, je nous imagine comme deux revenants d’outre-tombe, le visage cerné, le teint blafard, livide, les yeux exorbités par la fatigue et irrités par la poussière, tout vêtus de linges blancs poussiéreux, râpés voire en lambeaux, avançant lentement comme enchaînés…
Pendant quelques mois, nous avons changé : nerveux, anxieux, susceptibles, libido en baisse, l’esprit tellement occupé que, même avec des amis, nous avons l’impression de devenir inintéressants et avons dû mal à nous accrocher à la conversation ou alors pour ne parler que de ça car nous ne voyons plus que ça. Un peu comme une femme enceinte qui ne voit que des ventres ronds et des landaus, nous ne voyons que les maisons en travaux… Mon mari a l’œil critique du connaisseur et observe la façon de faire, les matériaux utilisés et la qualité des finitions partout où il passe ! « Oh, cet enduit est vraiment mal fait ! » « Et pour votre carrelage, vous avez utilisé quelle colle ? »
Sans recul, difficile de réaliser l’importance de la place faite à notre chantier dans notre vie : jours, nuits, week-ends, vacances. Le but est honorable : finir le plus vite possible pour passer à autre chose. Plusieurs de nos amis ont acheté une maison il y a plus de 7 ou 8 ans et sont toujours partiellement en travaux. Nous nous étions promis de ne pas vivre des années comme ça ; ça nous semblait invivable et désespérant !
Mais peut-être ont-ils raison ? Ne pas sacrifier tout son temps à sa maison mais se garder du temps pour vivre tout simplement. Mon mari me confiait qu’il avait l’impression d’avoir mis déjà un an de sa vie entre parenthèses : il ne pratique plus aucun de ses hobbies, sportifs ou culturels. Mais il nous est impossible dans le contexte actuel d’imaginer lever le pied ; il faut un minimum de confort, ou gagner au loto !
Cluedo
Organiser un dixième anniversaire dans un chantier est un challenge ! Que leur faire faire, sans danger, sans que les enfants aillent dans tous les coins ? Que leur faire faire quand le chantier a pris du retard, que nous sommes énervés, stressés par tout ça et que nous n’avons qu’une envie, ne plus voir d’ouvriers ni de maître d’œuvre…
Un cluedo maison ! Sorte d’exutoire qui en dit long sur nos désirs profonds… « Qui a tué le maître d’œuvre ? » Enquête dans la maison pour trouver les indices, le lieu du crime et le coupable (le peintre, le charpentier, l’électricien, le maçon, le plombier ou le maître de maison ?). Etonnamment, tous ont une dent contre le maître d’œuvre… Curieux, non ?
Nos brillants détectives, malgré les embûches, démasqueront le coupable : le plombier, dans la cave avec le tournevis !
Les enfants étaient ravis et nous exultions intérieurement… Petite vengeance… On peut quand même se faire un peu plaisir…