Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !
Le contrat était : « nos enfants partent en vacances ; vous avez deux semaines ! » Pari tenu. Voici donc, dès potron-jacquet ou presque, maçons, plombier, électricien et maître d’œuvre qui débarquent avec matériaux et matériels ! S’organiser ! Nous avons immigré dans les chambres des filles
où il n’y a guère à faire sinon liquider la paperasse et les factures en attente, faire les comptes et fignoler les plans de ma future cuisine (un plaisir !).
Car il n’y Très rapid
a plus de cuisine pour l’instant (pour 2 semaines ou 3 semaines, pensais-je naïvement à l’époque…). Notre salon sert de garde-meubles et de garde-manger ;
le micro-ondes sur le coin de la cheminée réchauffe les surgelés de la quinzaine et l’eau est bien fraîche, en ce début de février, sous l’unique robinet de la maison… à l’extérieur de celle-ci !
ement, un premier mur tombe : les wc se retrouve au milieu de la cuisine et donc des ouvriers… Une situation cocasse et d’un pratique ! Pour ma tranquillité, je préfère prendre ma voiture quand la situation devient très « urgente » pour aller, à quelques kilomètres de là, chez une amie partie vers une autre poudreuse en me laissant ses clefs !
Idem pour se laver car, bien vite, la baignoire, tel un nain, ne sert plus qu’à orner notre jardin !
Et se laver devient un luxe quand la poussière rend les cheveux secs et rêches en une journée ! Mon teint devient terne et toute poudre inutile !
Prévoir la suite
Nous prenons des notes pour notre future organisation personnelle : 1/ mettre des bâches et des protections partout car la poussière s’infiltre même à l’étage, portes fermées ; arrêter de faire le ménage ! 2/ éloigner le petit dernier au maximum car les bruits des perceuses, scies circulaires et autres perforateurs ne sont pas de son goût, surtout du lever du jour au coucher, en passant par la sieste... D’ailleurs, prévoir des activités extérieures la journée car le bruit tape rapidement sur le système… 3/ Travailler sur le chauffage implique de le couper, quelque soit le mois de l’année… Prévoir couvertures… 4/ se faire à l’idée que « vivre chez nous » n’est plus le terme approprié ; dire plutôt « nous vivons dans le chantier de nos ouvriers », bien plus proche de la réalité ! Les travaux avancent vite ! Le RDC devient notre RDC et prend tournure chaque jour. Pour la décoration, il faudra attendre encore un peu ; c’est du brut ! Nous découvrons que la suite des travaux est déjà prévue dans les travaux actuels et que l’intervention des différents corps de métiers est ultra programmée pour que tout s’imbrique parfaitement ! Donc pas de regrets, à ce stade, ni sur le choix de notre maître d’œuvre, très présent et efficace, ni sur les sommes lâchées ; nous n’aurions jamais pu en faire autant, aussi vite... Mettre les choses au point Nous sommes globalement satisfaits de la qualité du travail des ouvriers, exception faite du plombier, qui se moque bien de moi (par ignorance évidemment !) en me voyant monter un meuble de salle de bain en kit avec une visseuse électrique, mais n’est, quant à lui, pas capable de faire ni une belle soudure, ni un joint qui tienne, ni même de centrer le robinet de la baignoire ! Nous apprécions alors la présence du maître d’œuvre qui est sur tous les fronts : son leitmotiv « Voyez ! Il faut tout, tout prévoir ! » Effectivement ! De la porte prévue trop large qu’il faut échanger, à la poutre à remettre droite à l’instar du fameux robinet pas non plus centré, etc. Nos observations sont prises en compte avec attention, ce qui est agréable et, nous apprenons rapidement à imposer nos choix. Si le savoir-faire du maître d’œuvre et de ses ouvriers est indéniable, ses choix en matière de design (« moyenne gamme classique » disait-il) ne sont visiblement pas les nôtres et nous reprenons vite la main. Il apprendra également rapidement que nous avons, non seulement des goûts, mais également du savoir-faire (grandissant chaque jour) en matière de bricolage et qu’il ne pourra pas nous vendre n’importe quoi ! Nous commençons à parler « maître d’œuvre » : « c’est possible de le faire si vous le souhaitez » veut dire « pas prévu dans le contrat, mais je vous fais un additif » (toujours bien salé) ; « il y a un imprévu, comme souvent dans la rénovation » veut également dire « il va falloir rallonger la monnaie !». C’est un début mais l’avenir nous apprendra à quel point ces imprévus peuvent peser sur nos choix, et sur notre bourse. Au boulot ! Pari réussi ; après deux semaines intenses, nos ouvriers prennent congé ; nous pouvons à nouveau nous laver chez nous et soulager nos besoins intimement ! La cuisine est agrandie, aux nouvelles normes électriques, et prête à accueillir machine à laver et évier, ainsi que les meubles en kit qui habillent provisoirement la salle à manger et qui achèveront de projeter la pièce dans le troisième millénaire ! A nous de jouer ! Peinture, ragréage maison, carrelage, montage des meubles, faïences, nous ne ménageons pas notre peine mais il nous faudra quand même plus de 5 week-ends pour achever la cuisine de mes rêves ! (soit en tout 7 semaines sans cuisine…). Dernière leçon de cet avant-goût : quand les ouvriers sont là, tout va vite ; quand c’est à nous de bricoler, le temps se démultiplie à l’infini…
Il est certain qu’après le départ des ouvriers, les travaux avancent moins vite : les week-ends n’ont scandaleusement que 2 jours et les jours que 24 heures ! Nous commençons à toucher du doigt que le temps passé à bricoler n’est jamais celui prévu à l’origine : 2 week-ends pour finir ? Donc, si on prend 2 qu’on le multiplie par l’énervement, l’imprévu, les outils manquants et le reste = 5 week-ends ?