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Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !

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Chapitre 1 : Troque nid douillet contre projet hasardeux

 On en avait rêvé de notre petit pavillon de banlieue : « Les taux sont au plus bas ! C’est le moment d’emprunter » nous rabâchait les médias !

 Alors, à l’étroit dans notre 3 pièces avec nos trois enfants, nous avons fait les comptes : 20 prochaines années ­- études des enfants - complément retraite à prévoir – imprévus  – trajets boulot-dodo + jardin, verdure et plaisirs campagnards + une chambre pour nous (le luxe !) et une par enfants x quantité d’huile de coude encore disponible / patience et vie de famille =  un pavillon en petite couronne ? Pas les moyens ! J’ai fait le tour des agences locales qui me regardent avec dédain quand j’annonce notre budget : « nous avons bien un trois pièces de 70 m2 pour ce prix... mais à rénover entièrement ». Ca sent les invendus incasables : il ne faut pas se moquer du monde tout de même ! Notre budget n’est pas si risible ! C'est donc avec un malin plaisir que nous malmenerons ces mêmes agences qui nous ont méprisées quand elles se feront toutes mielleuses au téléphone lors de la mise en vente de notre appartement (que nous vendrons sans elles et à meilleur prix !).

 Nous élargissons la recherche et regardons alors les prospectus de la très grande couronne : nous nous sentons riches d’un coup ! Possible mais loin du boulot parisien. Reste la moyenne couronne.

 Six ans plus tôt, des amis parisiens s’étaient exilés  dans un village des Yvelines – « mais vous êtes à perpét. ! » leur avait-on dit ! Ils avaient acheté un toit sur quatre murs dans lesquels ils ont passé leurs vacances et leurs week-ends pendant de nombreux mois à bricoler pour se faire un coquet nid que nous n’aurions pas imaginé au départ.

 « Quel courage ! » leur avait lancé mon mari. « Je n’achèterais jamais une maison où il y a tant à faire ! Tu n’as plus de vie ! » Never say never !  Fontaine, nous voici en train de boire ton eau !!!

 Non seulement, nous avons acheté dans leur « trou » mais en plus, une maison à agrandir et à réaménager entièrement ! Voisins, amis, familles, tous admirent notre courage de nous être lancés dans cette aventure ; inconscience de « jeunesse » ? Ignorance de ce que sont des travaux ? Ou simplement coup de foudre pour la maison ?

  Non ! Après avoir visité des maisons plus loin (de Paris), plus grandes, plus jolies, plus chères, puis d’autres plus proches, plus petites, plus moches, puis encore d’autres plus grandes, moins bien placées, moins chères et toujours d’autres plus petites mieux placées, plus chères : ce petit pavillon des années 30, armé de son grand sapin, était le « PPCM[1] » de tout ce que nous avions vu jusque-là. Pas trop loin mais pas tout proche, pas trop grand ni trop petit, pas trop cher, pas trop moche, plutôt bien placé (critères totalement subjectifs qui ne sont bien évidemment que les nôtres…).

 Quand on achète un bien immobilier, il faut obligatoirement faire des concessions sur un point ou un autre. Le bien parfait (beau, bien placé, bon marché, relativement neuf et à la décoration idéale) n’existe pas. C’est ainsi que certaines personnes visiteront des maisons ou appartements à l’infini, recherchant toujours la perle rare, jusqu’au moment où ils comprendront qu’elle n’existe pas et qu’elle n’est jamais parfaite. Quoi que certains ne le comprennent jamais ! Trop anxieux et perfectionnistes, ils ne sont pas prêts à faire le pas d’acheter.  

 

 C’est donc décidé : nous quittons nos 79 m2 pour……82 ?!! Quelle idée ! Heureusement que nous devions déménager pour que la famille soit plus au large ! Mais l’agence nous l’a fait visiter en nous vendant le fait que nous pouvions l’agrandir.

 S’ensuit un parcours du combattant auprès de la banque et particulièrement de son service crédit qu’il n’est pas possible de joindre directement et qui est totalement débordé pas le nombre de demande de crédit immobilier. Nous devons passer systématiquement par notre conseillère à la banque qui va rapidement être sur les nerfs. Le service crédit joue les Dieux tout puissants et s’arroge droit de vie ou de mort sur ses clients (oubliant qu’ils sont « clients » et que le client, normalement, est roi  ?!!). Ils ne répondent pas, ne donnent aucune information.  

 La vente est retardée pour «dossier bancaire oublié sous une pile» ; nos nerfs sont en pelote, nos nuits peuplées de chiffres monstrueux, et nos jours des crises d’angoisse des vendeurs qui imaginent que nous sommes insolvables !…. Notre conseillère à la banque est en larmes dès que nous l’appelons et frise la dépression. Quelle ambiance !

 Résultat, notre appartement vendu, vidé et les clefs remises à la nouvelle propriétaire, les enfants à droite, à gauche pour finir l’année scolaire, les meubles et cartons entassés dans un garage, nous voici SDF pendant une dizaine de jours. Les yeux dans les yeux, nous espérons que cette maison en vaut la chandelle…

 L’achat se passe dans une ambiance glaciale, réchauffée par une discussion brûlante sur l’incendie, deux semaines plus tôt, du sapin et de la haie de thuyas bordant la maison ; la vente manquera de peu de capoter, chacun campant avec indignations sur ses positions. Bluff, intimidations, silences lourds, insultes, une vraie partie de poker… C’est une vente, vous dites ?... Un mauvais film, c’est sûr.

 Nous repartons avec les clefs mais sans aucun plaisir ! Jamais nous ne nous sommes sentis si peu propriétaires après un achat ! A bout de forces, dépités par le combat mené pour l’achat de la maison et par ces odieux vendeurs, nous posons quelques cartons et partons en vacances nous ressourcer.

  De retour, nous voici au pied du mur : nous sommes propriétaires d’une maison que nous voulons agrandir pour que nous ayons enfin un peu d’espace pour nos rejetons. Notre projet est-il réalisable ? Les quelques informations que nous avons glanées avant la vente nous le laissent penser, mais comme le vent ne souffle guère dans notre sens depuis quelques semaines, et que, plus nous découvrons notre maison, plus nous en découvrons les vices cachés, nous restons sceptiques.

 Après le monde des agences immobilières prêtes à tout pour vous vendre ses invendables, après le monde des banques et son cortège de taux, de contrats, d’alinéas et d’assurances qui n’assurent rien, après le monde du notariat, ses conditions suspensives, ses formules alambiquées et vieillottes, voici donc comment nous avons découvert le monde du bâtiment et comment nous avons commencé à mordre la poussière !

 [1] Plus Petit Commun Multiplicateur, cf. cours de math. 6ème !

 

 

 

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