Comment vivre avec sa famille dans une maison en chantier en restant zen ? Au secours, humour !
La nuit vient de tomber et la nature peu à peu se tait. Ah ! du calme et du silence enfin ! J'avais tant rêvé de cet interlude... Me voici sur la plage d'une île paradisiaque. Quelle chance ! Je suis pour ainsi dire à peu près nue. L'air du soir est frais mais l'eau dans laquelle j'entre me réchauffe rapidement. Bien vite, je m'éloigne du bord et me laisse porter par les vaguelettes qui me caressent la peau avec douceur ; me voilà plongée dans une douce torpeur. Hummm ! Divin !.... Les yeux fermés, je me délecte de ce moment de tranquillité. Je pense à nos travaux, si lointains. Calme et chaleur : que du bonheur ! Je suis si bien !
Quelques oiseaux de nuit troublent le calme ambiant de leurs ritournelles et le vrombissement d’une moto s'effiloche au loin sans vraiment perturber ma quiétude. Puis le silence reprend ses droits. Pour peu de temps hélas !... Un grand oiseau bruyant rompt la sérénité des lieux et me sort de mes rêves.
Je sors de l’eau et pose les pieds sur le sable fin. Je récupère ma serviette de bain posée sur un rocher et m’essuie sommairement le visage. Une forte odeur de ciment et de sueur achève de me réveiller : « ils ont utilisé MA serviette ! ». Je chausse mes bottes, après avoir soigneusement retiré le sable et le ciment qui s’étaient nichés entre mes doigts de pieds pourtant propres. Je mets mon pull, mon ciré et mon bonnet et m’enfonce dans la nuit noire.
Je me heurte à un palmier, puis un deuxième. Le ciel est étoilé à présent mais la pluie de ce début d’avril a inondé le sol et, à chaque pas, mes bottes font « flip-flop » sur la moquette détrempée. Attention, encore un étai ! Zut ! j’ai oublié ma lampe torche. Un vent frais me fouette le visage. Brrr... j’ai froid.
Etonnant !
Je suis dans mon salon ! Il n’y a pas de porte, pas de fenêtre, pas d’électricité, pas de toit, juste quelques ourdis mis en place pour le futur étage. J’entends des bruits nocturnes peu rassurants et je hâte le pas. J’ouvre la porte de notre hutte, la referme à clef pour me sentir enfin en sécurité et m’engouffre sous 5 couvertures. Il fait 13 ° dans la pièce.
Ce soir, j’ai pris un bain ! Quelle aventure !