Juillet. De nombreux voisins sont déjà partis en vacances. Le quartier est calme, le soir en tout cas, car la journée des ouvriers s'activent pour achever à temps leur chantier. A part cela, il ne reste guère plus que les personnes âgées et quelques jeunes étudiants qui se font leurs premières armes dans le monde du travail. Les avions de l'aéroport voisin semblent aussi se raréfier ; le 14 juillet est passé et l'activité militaire se ralentit.
Il fait nuit, une de ces douces nuits de juillet dont on rêve toute l'année, avec son ciel étoilé, son morceau de lune et sa brise légère qui secoue le feuillage pesant des arbres. La lumière des réverbères pénètre entre les maisons pour éclairer des bouts de jardin dont seuls quelques chats du quartier profitent encore. Les chats... et les maraudeurs !
Une ombre, un bruit de fer qu'on déplace...
Une échelle, une fenêtre....
"- HALTE-LA !Qu'est-ce que c'est ?
- Monsieur le gendarme, je vous assure, je suis chez moi ! Regardez, j'ai les clefs ! - Alors là, mon gaillard, va falloir m'expliquer ! Vous dites que vous avez les clefs et je vous prends à entrer par la fenêtre. Qu'est-ce qui me prouve que c'est chez vous : vos papiers ! - Ben, ils sont dans la maison. Mais, c'est tout simple, c'est à cause du ragréage, je ne peux plus aller dans ma chambre... - Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'agrès ; vous vous croyez au cirque ? - Non, non ! Un ragréage, c'est une fine couche que l'on coule sur une dalle de béton pour aplanir le sol, le lisser et pouvoir ainsi ensuite poser une moquette, un parquet ou un carrelage. - Mouai ! Tout ça ne m'explique pas ce que vous faites sur une échelle à minuit, comme un voleur ! - Je sais que les apparences sont contre moi, mais figurez-vous que j'allais me coucher. Tenez, je peux même vous faire un plan si vous voulez ! La partie rose, c'est le ragréage qui est en cours de séchage ; ma chambre, c'est la chambre 2.Vous n'imaginez pas à quel point on se complique la vie quand on fait des travaux !"