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Il faut tout, tout prévoir !

Un blog sur un chantier ? Quel intérêt ?

Oui ! Mais quand le chantier est habité par la Famille Dindon (de la farce) et que c'est une femme qui raconte les travaux, ça peut devenir amusant... surtout quand ça dure, ça dure... un an , deux ans, trois, quatre....

 

  avant /
après

 

 









- Pour les paresseux qui n'aiment pas lire, vous trouverez des
albums photos tout à fait parlants... (photos Bergère, tous droits réservés)
- Pour les femmes dont les hommes veulent se lancer dans les travaux, renseignez-vous avant !
- Pour avoir une vision plus globale de l'histoire avec photos, régalez-vous  de ma vision des travaux.
- Pour prendre des leçons de bricolage, instruisez-vous avec Maître Dindon.
- Pour savoir où nous en sommes
aujourd'hui, cliquez sur "les dernières avancées du chantier".
- Pour en rire un peu, allez tester "mes clins d'oeil"
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début de l'histoire, allez lire "le roman de nos travaux".

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 10:06

Les « ouvriers » est un terme générique qui regroupe des métiers et des personnages très différents, qui se toisent, se jaugent et ne manquent pas de se juger. 


La relation que l’on a avec eux est différente, suivant le temps qu’ils passent sur le chantier et suivant leur caractère. Au fur et à mesure des mois, les ouvriers les plus présents s’ouvrent un peu à nous et nous apprenons à mieux les connaître et les apprécier. Juste retour des choses étant donné qu’ils connaissent tout, ou presque, de nous, de nos habitudes, nos allers et venues, notre famille.

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:12
Les plombiers

Le premier, Mohammed, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Celui-là était peu sympathique. On s’est même demandé s’il avait toutes ses facultés… Dès le début, ça s’est mal passé avec lui. Il ne disait pas bonjour ni au revoir, ne voulait ni café, ni rien d’autre, semblait toujours amorphe et déplaçait difficilement son impressionnante masse (musculaire ? non !).


 La seule fois où il m’a adressé la parole, c’est quand il m’a vue avec une visseuse électrique à la main pour monter le meuble sur lequel il pourrait installer le lavabo ; il était plié de rire : il n’avait jamais dû voir ça de sa vie, une femme avec un outil à la main ! Mais, vu le travail qu’il a accompli, je pense que j’aurais sûrement fait mieux que lui ! Rapidement, mon mari s’est rendu compte qu’il y avait des fuites dans le robinet que Momo avait installé ; il ne savait pas faire le b-a-ba du plombier : mettre un joint ! Le robinet de la baignoire n’était pas centré et de travers ! Ni fait, ni à faire. Quand le maître d’œuvre lui a fait part de nos griefs, en arabe, il lui a répondu dans un jargon très personnel : "blablabla, salle de bain, blablabla, en haut, blablabla, la femme, blablabla…" Je n’ai jamais su ce que je venais faire dans l’affaire mais il était visiblement contrarié qu’on ose critiquer son travail.


Puis le plombier polonais est arrivé tel le Messie. Sa devise : « oui, c’est possible ». Comme c’est agréable ! Voilà un homme qui ira loin. Il a fait un travail remarquable, devançant même à plusieurs reprises des travaux que mon mari n’avait pas eu le temps d’achever (remettre en place un radiateur qui avait été poncé et repeint, rebrancher un autre radiateur…). Une vraie perle !


Il était d’ailleurs très apprécié des maçons ; un coup de main par-ci, une blague par-là ! L’ambiance du chantier était très joyeuse en sa présence !


 


 

 

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:10

Le Charpentier


Il a sa propre entreprise de charpente et, à ce titre, se met au-dessus du paquet des ouvriers. Il parle d’égal à égal avec le maître d’œuvre qu’il ne se gêne pas pour critiquer dès qu’il a le dos tourné.

C’est un bel homme, pas très grand mais avec de beaux yeux et un beau visage. Un moment, je me suis demandé s’il ne préférait pas les hommes, tant il me fuyait (je lui fais peur ?). A la fin du chantier, j’ai appris qu’il a une femme et qu’il est plutôt du style « jaloux possessif » qui n’hésite pas à en venir aux mains quand on regarde de trop près sa femme… Un vrai méditerranéen sanguin !

Turc, il est musulman mais dit ne pas pratiquer quand je m’étonne qu’il ne fasse pas le ramadan, comme son ouvrier. « Je suis pas un arabe, moi ! ». Je ne vois pas le rapport mais lui si !!? Il ne m’adresse pas ou peu la parole, ne me regarde pas dans les yeux et ne me dit pas bonjour sauf pour me répondre (un début !). C’est très désagréable cette impression de ne pas exister : « votre mari est là, j’ai besoin de lui demander quelque chose ? Non, pas de message, pas important, je l’appellerai. » Grrr. Je préfère les roumains orthodoxes !

Si le maître d’œuvre nous a vendu l'excellence de sa compétence, le problème est que nous ne pouvons la voir que quand il vient. Un jour, il vient, un jour, un mois, il est pris ailleurs… un jour,  il passe mais ne reste pas… Pas simple de gérer ce genre de personnage ! A croire qu’il ne veut pas de son chèque de fin de chantier. A quatre reprises, il jurera et prendra date en promettant de venir finir et personne ne viendra. Souvent, charpentier varie…

Il nous embobinera avec ses histoires avec Maestro, montant même mon mari contre Maestro en lui démontrant par A+B à quel point nous avions été « arnaqués ». Mais, en prenant un peu de recul, nous en conclurons qu’il ne supportait simplement pas de voir que Maestro arrivait à faire payer chère une prestation que lui aurait facturée à meilleur marché. Deux petits chefs, à fort tempérament, qui travaillent ensemble, c’est un chef de trop !















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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:09

 

L’électricien

 

C’est le col blanc : l’électricien, l’intello des ouvriers qui arrive presque avec sa cravate et son attaché-case. Discret, disponible, méticuleux, il fait un travail de fourmi. Je reste en admiration quand je vois le tableau électrique à l’entrée de la maison ; des centaines de fils de toutes les couleurs, dans tous les sens, et lui, qui tranquillement, un part un, les marque, les branche, les teste… Pour moi, c’est un « Master Mind » géant, comme un immense casse-tête ! Totale admiration !

 

 

En février, il commence par refaire l’électricité du rez-de-chaussée et nous apprend que notre électricité est à revoir complètement. Gloups ! Pas prévu au budget !

 

 

De temps en temps, il met son  « vert de travail » et fait une saignée pour passer ses câbles, mais toujours très proprement.

 

 

Nous apprenons qu’il a trois enfants également et avait pour projet de s’acheter une maison et d’y faire des travaux de rénovation. Mais visiblement, notre expérience a refroidi ses ardeurs et lui a fait peur !

 

 

Contrairement aux autres ouvriers, il travaille peu côté « chantier ». En effet, le compteur électrique est dans « notre » partie. Mais il est très discret, parfois tant, que nous en oublions même qu’il est dans la pièce !

 

 

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:06

 

 

 

Les maçons

 

 

Ce sont les bleus : les maçons, les bons à tout faire, à porter, à transporter,  à nettoyer, à faire des heures sans compter, etc.  Ils vont par deux : le chef (celui qui connaît la recette de la potion magique pour faire de bon béton, qui sait aligner les chiffres et les parpaings) et le bon à tout faire du chef (celui qui porte les seaux, les parpaings, celui qui lave, balaye, etc.) Ils se connaissent bien et sont indissociables tels les Dupont (quoi qu’ils ressemblent plutôt à Laurel et Hardi !)

 

 

 

 

Ils font le métier le plus salissant aux dires des autres (réflexion du charpentier : « toute cette poussière, je ne pourrais pas ! »). Ils sont les plus présents sur le chantier. C’est eux qu’il faut choyer, dont il faut admirer le travail, de façon à ce qu’il soit bien fait et que, s’il y a un défaut, ils acceptent d’y remédier !

 

 

 

 

Loin des clichés de l’ouvrier de 120kg, qui s’atèle à la tâche à 10 heures, fait une pause de 2 heures au déjeuner, puis fait la sieste pour digérer, nos maçons font un travail d’une qualité remarquable, sont discrets et d’une grande efficacité, ne rechignent pas à la tâche du lundi au samedi.

 

 

 

 

Ce sont deux ouvriers roumains (en situation régulière !) dont un diplômé de mathématiques : ça lui sert beaucoup, dit-il, pour calculer la portance des murs, la densité de la dalle ou le degré de solidité du béton = plutôt rassurant ! Il est orthodoxe et n’hésite pas à le dire quand il y a une fête religieuse qu’il veut respecter (notamment ses dimanches !). Jeune, 25 ans, il est grand, costaud, la chevelure bouclée blonde et le teint halé de l’homme qui prend le soleil dans les chantiers !

 

 

 

 

Il parle correctement français et nous explique qu’il est parti de son pays car en France, on gagne bien mieux sa vie. Il a de l’ambition et veut se mettre à son compte. Il sait construire une maison de haut en bas, des fondations à la charpente en passant par l’électricité. C’est un de ses ouvriers dont il faut garder bien chaudement les coordonnées car il est sérieux, efficace et travailleur.

 

 

 

 

Le deuxième n’est pas grand, les cheveux noirs avec une petite moustache. Il paraît freluquet, mais il ne faut pas s’y fier : il nous étonnera par sa force à plusieurs reprises. Il ne parle que peu français sauf pour dire « bonjour Madame, merci Madame » avec son sourire aux dents noircies par les cigarettes (jonchant le jardin) et gâtées par les kilos de sucre qu’il met dans son café… (c’est nous qui fournissons le sucre pour le café !).

 

 

 

 

Il est vite tombé en adoration devant notre fils, et au bout de 6 mois, il m’a confié qu’il a lui-même deux fils de 8 ans et 18 mois, qui sont au pays. Il m’a montré des photos qui m’ont totalement étonnées : ses fils sont deux beaux blonds, la bouille ronde et joyeuse, avec une vraie tête de russe ! Ils lui ressemblent tellement peu...  Mais il a des trémolos dans la voix quand il en parle et les yeux qui s’embuent. C’est touchant.

 

 

 

 

Nous apprenons qu’il a travaillé en Allemagne ; il parle d’ailleurs mieux allemand que français et mon mari peut ainsi enfin parler avec lui. Nous découvrons que, dans son pays, il était cuisinier ! Comme quoi, le bâtiment est une savante cuisine !

 

 

 

 

Je comprends à présent pourquoi il a toujours de bons petits plats (chauds ou froids) mais si certains n’ont pas toujours l’air ragoûtant ! C’est seulement après 7 mois, après avoir fait des progrès en français, qu’il osera me demander de lui réchauffer son déjeuner.

 

 

 

 

Nous sommes aux petits soins pour eux : café le matin, barbecue le samedi en été, boissons fraîches l’après-midi, et un petit verre d’apéro, une ou deux fois, (« jamais pendant le travail »), avant de partir le samedi soir… Ils ont plaisir à retrouver notre chantier après la coupure de l’été, et, en septembre, quand ils commencent à aller certains jours sur d’autres chantiers, nous sentons qu’ils sont heureux de revenir chez nous !

 

 

 

 

D’ailleurs, le départ de notre « jeune chef de chantier » est un moment difficile. Nous nous étions habitués à sa présence « rassurante » car toujours plein de bons conseils pour nous autres les bricoleurs du dimanche ! Mon mari a beaucoup appris en le regardant, ce que notre jeune chef n’appréciait pas toujours car il est très susceptible. Mais il avait plaisir à prendre le rôle du professeur !

 

 

 

 

Nous avons donc ouvert le champagne pour le remercier de son travail. Nous gardons son numéro personnel en poche, espérant pouvoir lui demander de venir nous aider à avancer notre chantier.

 

 

 

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 14:42

 

 Et voilà !

 Fin octobre déjà ! Le dernier coup de pinceau a été donné, les échelles remballées. ILS sont partis. PPPFFFFFUUUUUU ! Chez nous, pour de bon !

 Petit tour du propriétaire, l’heure de tirer des conclusions. La maison est jolie avec son agrandissement. Nous allons avoir de l’espace. Dans le jardin, encore deux ou trois parpaings, un vieux radiateur rouillé, quelques chutes de bois de la charpente et un tas de sable, seuls vestiges du passage de notre armée d’ouvriers. Seuls ? Non ! La terrasse a besoin d’être décapée ; le jardin est dévasté et je me demande comment l’herbe pourra y repousser un jour…  

 

 

Et maintenant ?

 Les travaux sont finis. Qu'allons-nous faire à présent ? Par quoi commencer ?

 

Il n'y a pas trop à réfléchir, le départ des ouvriers symbolise le début d'une longue période difficile à cerner : et si nous  bricolions … pour changer ? Ca n'est pas un début car nous bricolons depuis notre arrivée dans la maison (environ 18 mois) mais c'est une étape car nous savons que les travaux n'avanceront plus tout seuls à présent.

Il est vrai que l'avantage d'avoir des ouvriers chez soi, c'est que même en s'absentant quelques heures, le travail avance comme par magie (enfin c'est une magie qui fonctionne par absorption des économies de la famille directement en direction de la poche du maestro). Maintenant, plus d'ouvrier magicien !

Où en sont nos réserves d'huile de coude ?...

 

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 14:30

 Y’a un truc qui cloche aujourd’hui

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui 

Je ne sais pas quoi.

Ce matin, je me suis réveillée (non ! rien d’anormal jusque-là)

Sans perdre une minute, vite habillée de haut en bas

Les enfants levés, petit déjeuner avalé

Vite à l’école sans tarder, la journée peut commencer.

Tout est normal ?

Pourtant, Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

J’ai regardé avec plaisir mon salon enfin agrandi

 Hier, nous avons fêté super-Mamie avec toute la famille

 Les cadavres de bouteille se mêlent aux flûtes et aux miettes

 Rappelant les discours, la joie et les rires de la fête

 Mon salon est inauguré, je n’ai plus qu’à ranger

 Tout parait normal ?

 Pourtant, Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

  J’ai préparé le café, mis le linge à laver, tout rangé nickel

 Les enfants sont à l’école, c’est calme, silencieux même

 Pas un avion dans le ciel, les ministres ne font pas d’étincelles,

 Tout le monde est éveillé mais le quartier semble ensommeillé

Vraiment bizarre cette journée !

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

J’ai dû oublié quelque chose : un anniversaire ? un rendez-vous ? une fête ?

Pas encore félicité de l’arrivée du dernier-né ?

Bienvenue Maxence ! Oscar se réjouit de ta naissance !

Etre grand oncle à trois ans, c’est drôlement amusant !

Déconcertant ce matin,…

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui

Non ! Rien à voir avec tout ça ! Le calme me perturbe

Le silence résonne dans ma tête ! Ce doit être le champagne de la fête !

Il faut se remettre au boulot et reprendre peintures et rouleaux !

Il n’y a pas de bruit, je suis seule aujourd’hui.

 

C’est donc ça qui ne va pas ! Après 9 mois, pas un ouvrier n’est là !

 Plus besoin de se lever dès potron-minet pour être prêts à leur arrivée 

 Pas de « bonjour Mdame», pas de café à préparer

 Pas de tronçonneuse, pas de bétonneuse, pas de bruitonneuse….

 Pas de wc occupés, de « pardon, je pourrais passer ?»

Je suis enfin CHEZ moi, c’est agréable après plusieurs mois !  

Plus d’ouvriers ?

 Pas tout-à-fait ! Il reste quelques coups de peinture à donner, une gouttière à installer. Trois jours maxi, selon Maestro. Traduction : encore 10 jours ? Néanmoins, les ouvriers sont déjà partis vers d’autres chantiers et j’ai l’impression que cette fin de chantier va s’éterniser et que nous allons passer notre temps à leur courir après…

  Effectivement, ça va, ça vient. Une demie journée par-ci, une heure par là, une couche de peinture, un volet fixé, une autre couche de peinture, un crochet de volet, un nettoyage de chantier, encore quelques bruits et quelques trous, histoires de se remettre dans l’ambiance…

 Et puis, le charpentier qui n’en finit pas de ne pas venir. Il faudra le menacer de donner le chantier à Maestro pour qu’il se décide à arriver. Il nous sortira une fois de plus le couplet de l’ouvrier parfait, qui s’est fait avoir par Maestro avec qui il jure de ne plus jamais travailler. Il se permettra même de critiquer le travail fait par nos ouvriers, affirmant qu’il aurait fait cent fois mieux. C’est possible mais il aurait fallu dix fois plus longtemps, en passant notre temps à le supplier de venir. Il parle, il parle… Mais nous constatons que la qualité de son travail est bien plus aléatoire que celle de nos ouvriers.

  Fêtes en chaîne

 « Mi-octobre » avais-je dit à notre puînée pour lui organiser un anniversaire. Et il me semblait alors que je voyais large ! Et bien, non ! Il y a quand même encore un ouvrier en train de peinturlurer notre maisonnée ! Mais, en voyant arriver une tripotée de demoiselles surexcitées, il a vite fait de terminer son mur et de nous laisser.

 « Fin octobre, nous fêterons la fin du chantier avec tous nos voisins ; le chantier aura été nettoyé, toutes les échelles et échafaudages enlevés. » Encore raté ! Le charpentier a retardé toute la fin du chantier ; le peintre doit à présent terminer de peindre les tuyaux de descente d’eau. Le chantier n’est donc toujours pas clos ! Qu’à cela ne tienne, les voisins viennent ! Ils avaient d’ailleurs l’air perturbé par notre invitation, dérangé dans leurs habitudes d’ermites. Mais ils étaient tous au rendez-vous, même ceux qui n’avaient pas répondu, et ils étaient ravis. Nous voilà définitivement accueillis ! 

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 14:27

 Tenez votre mari, il va mordre !

 C’était l’ambiance de la dernière réunion de chantier que nous avons eue : j’ai cru que mon mari allait sauter au cou du maestro et l’étrangler sauvagement jusqu’à ce que l’autre demande grâce…

 Le maestro, lui qui nous nargue avec ses sempiternelles formules toutes prêtes « il faut tout, tout prévoir » ou « tout doit être précis », lui qui se targue d’être l’homme qui prévoit tout, qui dit tout et avec qui il n’y a pas de surprise, ce même homme nous annonce « mais je pensais que vous aviez compris cette évidence » (tout à fait obscure…). Nous lui demandions simplement de nous rembourser la table de jardin cassée par les ouvriers. Il nous embrouille alors avec des vieilles histoires d’encombrants qu’il nous a débarrassés et s’étonne que nous n’ayions pas compris que c’était un coup de main échangé contre la table cassée… Mon mari fulmine ! S’ensuit un échange de haute volée : 15 A, 30-15, 40-15, 40-30, égalité… Chacun expose ses théories. Maestro est très fort ; il a réponse à tout, un vrai vendeur de tapis !

 Il nous embobine, se fait plaindre, et retourne la situation à son avantage. La paix ! Faites-le taire ! Qu’on en finisse...

 Octobre sonne à la porte

 Déjà ! Petit clin d’œil à Maestro : ça n’est toujours pas fini…

 Le peintre s’active à l’extérieur, moi à l’intérieur. Plus que quelques jours pour rendre une âme à notre salon : plafond et murs reprennent des couleurs, quel bonheur !

 La fête, c’est demain. L’enduit n’est et ne sera pas fini, et la peinture non plus ! En revanche, aujourd’hui est un grand moment dans nos travaux : nous enlevons la cloison qui séparait notre salon en deux (« notre » salon de celui des ouvriers !). Nous dégageons sans ménagement tous les restes oubliés des ouvriers. Une nouvelle perspective s’offre à nos yeux. Nous regagnons du terrain et découvrons notre nouveau salon. C’est fabuleux ! Nous sommes tout excités ! C’est un peu comme une naissance : bienvenue à la maison !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 14:25

  Le début de la fin

 Le plombier a fini son ouvrage. Il a fait un travail magnifique et c’est extrêmement agréable de voir des artisans méticuleux et soucieux de la qualité de leur travail. Ca existe donc !

 Nous apprenons qu’il travaille beaucoup par le bouche à oreille, au noir évidemment. Nous apprenons également combien il reçoit pour notre chantier et nous nous étranglons de rage devant la petitesse du chiffre ! Payer cher pour avoir quelqu’un de valeur est une chose ; mais payer cher et se rendre compte que ça n’est pas pour ladite personne de valeur mais pour enrichir le patron est exaspérant. Ca ne fait que nous confirmer une fois de plus que le maestro applique des prix prohibitifs et que nous sommes les dindes de l’affaire ! C’est rageant et vexant de savoir qu’on se fait plumer. Quelle rage de le voir arriver avec sa camionnette, rénovée et réaménagée à neuf récemment, et de se dire que c’est nous qui l’avons payée… Et il ose nous dire qu’il ne fait plus de marge sur notre chantier !

 L’électricien a également achevé son travail. Ouvrier de la première heure, il avait déjà travaillé sur notre chantier en février ; c’est donc avec une certaine émotion que nous le voyons partir. Ca avance donc !

 Il ne reste plus que les maçons qui s’attaquent à la façade ! Ca sent bon la fin ! Enfin, nous voyons autre chose que des parpaings !

 La fin ? Elle nous semble toujours tellement loin ! La fin du travail des ouvriers, oui ! Le début pour nous ! Quand on voit notre intérieur, encore chargé en gravas, poussiéreux à souhait, et sans électricité, nous revoilà assaillis par le doute et le découragement.

 Il va falloir des mois pour faire tout ça ! Isolation des combles, pose de BA13 (plaque de plâtre à Bord Aminci 13 mm !), carrelages, aménagement de la douche, enduits de tout l’étage, ragréage, pour enfin arriver à la finition, peinture, parquet et moquette. Le tout, les week-ends seulement ? Une année minimum ! Quel vertige !

 Avoir un objectif…

 Le voilà ! L’objectif qui requinque : un anniversaire à organiser chez nous dans un mois, trente personnes !

 Prendre les choses une par une pour ne pas se décourager : en d’autres termes, finir une pièce avant d’en commencer une autre pour se rendre compte que ça avance ! Objectif : séjour viable !

 Il reste 3 semaines : tous à l’œuvre. On ponce, on enduit, on sous-couche, on ré-enduit…

 Il reste 2 semaines : on enduit, on ponce, on sous-couche, on découpe les dernières plaques de plâtre… Ouf ! Ca avance, on devrait arriver à tenir le timing !

 Il reste une semaine : je n’y crois plus ! J’ai découvert que les priorités des uns ne sont pas celles des autres. Mon salon ne sera pas terminé pour l’anniversaire (et encore, j’entendais par « terminer », simplement le fait d’avoir fini les peintures car je savais que pour le parquet, le délai n’était pas tenable.)

 Notre « chef de chantier » roumain est parti vers un autre chantier. Il s’est dépêché de terminer quelques petites bricoles mais l’enduit de la porte du salon ne faisait pas partie de ses priorités…

 …n’est pas forcément prioritaire

 Tout comme, ce même enduit ne fait pas partie des priorités de mon mari. J’en reste pantoise. Je ne comprends pas bien… Je croyais que l’objectif était de terminer le salon pour la semaine prochaine ?

 Oui, mais finir la lasure extérieure est prioritaire depuis qu’il y a une grande échelle installée pour quelques jours. Dégager les gravas également… Et comment je fais pour finir la peinture si les enduits ne sont pas faits ?

 Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, sûrement ! Quand j’ai l’objectif de peindre ab-so-lu-ment tout de suite maintenant, pour avancer coûte que coûte, même si rien n’est prêt pour cela, il est inconcevable que je n’acquiesce pas… 

 Pas grave ! Mon salon ne sera donc pas achevé la semaine prochaine….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 14:15

  Septembre sans attendre

 La rentrée est là. Les enfants perdent rapidement le bénéfice de leurs vacances : l’omniprésence des ouvriers les empêche de profiter de toute la maison, le bruit et la poussière, bref, le stress des travaux revient rapidement les animer… Il faut dire que nous avons dû les mettre tous les trois dans la même chambre pendant deux semaines avec, pour toutes affaires, la valise de leurs vacances et les quelques jeux reçus lors de leurs anniversaires cet été. « De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes des enfants gâtés ! Beaucoup d’enfants dans le monde n’ont même pas ça ! Et tout ça, c’est pour votre bien-être ! » Discours abstrus pour des petits français moyens…

 Tout ça pour une bonne cause, une avancée importante ! Relier les deux parties de la maison ! Nous avons l’impression d’être au bord de la manche quand le tunnelier vient d’achever de relier l’Angleterre et la France ! Victoire ! C’est le bout du tunnel ? Le début de la fin, peut-être !…

 Notre petit dernier découvre enfin sa future chambre dont on lui a tant parlé ! Un jour, mon chéri, un jour….  

 Plus de temps à perdre. Le maestro nous dit que dans une semaine tout est fini (enfin, pour eux).

Traduction : encore au moins trois semaines.

 Nous attendons l’arrivée du plombier. Pas de plombier. « Comme le chantier a pris du retard, il n’est plus disponible ; vous comprenez bien ? » Non, maestro ! C’est votre problème ! Pas le nôtre ! Je vois alors passer quelques ouvriers que je ne connais pas. Deux molosses, blonds, avec des gueules de gardes du corps du KGB, tout droit sortis d’un film d’espionnage américain ! Non, pas disponibles non plus ! SOS ! Recherche plombier désespérément !

L’urgence qui mine

Et le voilà ! LE plombier polonais ! C’est nous qui l’avons ! Evidemment, nous n’avons pas été prévenus de son arrivée. D’où un nouveau stress : faire les enduits, peindre les radiateurs avant la pose, trouver les radiateurs qui manquent et des robinets thermostatiques… « Vous voyez, il faut tout, tout prévoir » Nous sentons le maestro sourire sous cape : il nous avait prévenu… c’est un métier de tout prévoir ! … Le sien… Pour nous, c’est du stress, encore et encore…. Ca mine.

 Mais nous arrivons à le prendre à son propre piège : « Au fait, vous avez prévu quoi pour les descentes d’eaux pluviales ? Rien ! Mais à quoi on vous paye ? Je croyais que vous étiez le spécialiste pour TOUT prévoir ! » Les relations entre maestro et mon mari deviennent très électriques. Ils ne se supportent plus, c’est visible. L’un continue d’avancer des additifs prohibitifs au devis initial – Souvenez-vous, Monsieur, vous aviez retiré cette chambre du devis électricité et l’électricien s’est trompé et l’a fait quand même ; il faut payer maintenant ! - L’autre essaye de garder sa bourse close en obtenant le plus de travaux possibles. Il est temps que ça s’arrête où les noms d’oiseaux vont fuser. Ca aussi, ça use.

 Le désespoir

 Difficile de suivre un chantier et de garder les idées claires au boulot. Deux pressions, c’est une de trop. Alors, certains jours, c’est difficile ; certains soirs, c’est dur ; certaines nuits, c’est désespérant.

 Désespoir de la rentrée où tout l’entourage gentiment demande : « alors, c’est fini ? ». Et de s’étonner que ça ne le soit pas. Et la voisine «  c’est long, non ? »  Non ! S’il vous plait, ne posez plus la question. 

 Désespoir, les jours de grande fatigue, après avoir passé son week-end à bricoler, de se rendre compte de ce qu’il reste à faire.

 Désespoir, malgré le travail déjà accompli, de ne toujours pas avoir de place pour ranger ses affaires et de passer des heures à chercher ses outils…

 Désespoir qui passe de l’un à l’autre, insidieusement, et s’augmente quand les enfants nous disent tout leur ras-le-bol des travaux.

 Des espoirs ? Il en faut pour se motiver et continuer. L’espoir du lendemain qui rend tout possible jusqu’au prochain coup de blues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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