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Il faut tout, tout prévoir !

Un blog sur un chantier ? Quel intérêt ?

Oui ! Mais quand le chantier est habité par la Famille Dindon (Delafarce) et que une femme qui raconte les travaux, ça peut devenir amusant... surtout quand ça dure, ça dure... un an , deux ans, trois ans....

 

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après

 

 









- Pour les paresseux qui n'aiment pas lire, vous trouverez des
albums photos tout à fait parlants... (photos Bergère, tous droits réservés)
- Pour connaître le début de l'histoire, allez dans la catégorie "chronique".
- Pour avoir une vision plus globale de l'histoire avec photos, allez lire mes "mails".
- Pour savoir où nous en sommes aujourd'hui, cliquez sur "les dernières avancées du chantier".
- Pour en rire un peu, allez tester "mes humeurs"
- Pour connaître l'histoire depuis le début (si vous avez du temps), allez dans "articles récents" et cliquez sur "liste complète", le début étant, tout à fait logiquement, à la fin !.

Les ouvriers

Mercredi 15 novembre 2006

Les « ouvriers » est un terme générique qui regroupe des métiers et des personnages très différents, qui se toisent, se jaugent et ne manquent pas de se juger. 


La relation que l’on a avec eux est différente, suivant le temps qu’ils passent sur le chantier et suivant leur caractère. Au fur et à mesure des mois, les ouvriers les plus présents s’ouvrent un peu à nous et nous apprenons à mieux les connaître et les apprécier. Juste retour des choses étant donné qu’ils connaissent tout, ou presque, de nous, de nos habitudes, nos allers et venues, notre famille.


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Mardi 14 novembre 2006
Les plombiers

Le premier, Mohammed, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Celui-là était peu sympathique. On s’est même demandé s’il avait toutes ses facultés… Dès le début, ça s’est mal passé avec lui. Il ne disait pas bonjour ni au revoir, ne voulait ni café, ni rien d’autre, semblait toujours amorphe et déplaçait difficilement son impressionnante masse (musculaire ? non !).


 La seule fois où il m’a adressé la parole, c’est quand il m’a vue avec une visseuse électrique à la main pour monter le meuble sur lequel il pourrait installer le lavabo ; il était plié de rire : il n’avait jamais dû voir ça de sa vie, une femme avec un outil à la main ! Mais, vu le travail qu’il a accompli, je pense que j’aurais sûrement fait mieux que lui ! Rapidement, mon mari s’est rendu compte qu’il y avait des fuites dans le robinet que Momo avait installé ; il ne savait pas faire le b-a-ba du plombier : mettre un joint ! Le robinet de la baignoire n’était pas centré et de travers ! Ni fait, ni à faire. Quand le maître d’œuvre lui a fait part de nos griefs, en arabe, il lui a répondu dans un jargon très personnel : "blablabla, salle de bain, blablabla, en haut, blablabla, la femme, blablabla…" Je n’ai jamais su ce que je venais faire dans l’affaire mais il était visiblement contrarié qu’on ose critiquer son travail.


Puis le plombier polonais est arrivé tel le Messie. Sa devise : « oui, c’est possible ». Comme c’est agréable ! Voilà un homme qui ira loin. Il a fait un travail remarquable, devançant même à plusieurs reprises des travaux que mon mari n’avait pas eu le temps d’achever (remettre en place un radiateur qui avait été poncé et repeint, rebrancher un autre radiateur…). Une vraie perle !


Il était d’ailleurs très apprécié des maçons ; un coup de main par-ci, une blague par-là ! L’ambiance du chantier était très joyeuse en sa présence !


 


 

 


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Mardi 14 novembre 2006

Le Charpentier


Il a sa propre entreprise de charpente et, à ce titre, se met au-dessus du paquet des ouvriers. Il parle d’égal à égal avec le maître d’œuvre qu’il ne se gêne pas pour critiquer dès qu’il a le dos tourné.

C’est un bel homme, pas très grand mais avec de beaux yeux et un beau visage. Un moment, je me suis demandé s’il ne préférait pas les hommes, tant il me fuyait (je lui fais peur ?). A la fin du chantier, j’ai appris qu’il a une femme et qu’il est plutôt du style « jaloux possessif » qui n’hésite pas à en venir aux mains quand on regarde de trop près sa femme… Un vrai méditerranéen sanguin !

Turc, il est musulman mais dit ne pas pratiquer quand je m’étonne qu’il ne fasse pas le ramadan, comme son ouvrier. « Je suis pas un arabe, moi ! ». Je ne vois pas le rapport mais lui si !!? Il ne m’adresse pas ou peu la parole, ne me regarde pas dans les yeux et ne me dit pas bonjour sauf pour me répondre (un début !). C’est très désagréable cette impression de ne pas exister : « votre mari est là, j’ai besoin de lui demander quelque chose ? Non, pas de message, pas important, je l’appellerai. » Grrr. Je préfère les roumains orthodoxes !

Si le maître d’œuvre nous a vendu l'excellence de sa compétence, le problème est que nous ne pouvons la voir que quand il vient. Un jour, il vient, un jour, un mois, il est pris ailleurs… un jour,  il passe mais ne reste pas… Pas simple de gérer ce genre de personnage ! A croire qu’il ne veut pas de son chèque de fin de chantier. A quatre reprises, il jurera et prendra date en promettant de venir finir et personne ne viendra. Souvent, charpentier varie…

Il nous embobinera avec ses histoires avec Maestro, montant même mon mari contre Maestro en lui démontrant par A+B à quel point nous avions été « arnaqués ». Mais, en prenant un peu de recul, nous en conclurons qu’il ne supportait simplement pas de voir que Maestro arrivait à faire payer chère une prestation que lui aurait facturée à meilleur marché. Deux petits chefs, à fort tempérament, qui travaillent ensemble, c’est un chef de trop !
















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Mardi 14 novembre 2006

 

L’électricien

 

C’est le col blanc : l’électricien, l’intello des ouvriers qui arrive presque avec sa cravate et son attaché-case. Discret, disponible, méticuleux, il fait un travail de fourmi. Je reste en admiration quand je vois le tableau électrique à l’entrée de la maison ; des centaines de fils de toutes les couleurs, dans tous les sens, et lui, qui tranquillement, un part un, les marque, les branche, les teste… Pour moi, c’est un « Master Mind » géant, comme un immense casse-tête ! Totale admiration !

 

 

En février, il commence par refaire l’électricité du rez-de-chaussée et nous apprend que notre électricité est à revoir complètement. Gloups ! Pas prévu au budget !

 

 

De temps en temps, il met son  « vert de travail » et fait une saignée pour passer ses câbles, mais toujours très proprement.

 

 

Nous apprenons qu’il a trois enfants également et avait pour projet de s’acheter une maison et d’y faire des travaux de rénovation. Mais visiblement, notre expérience a refroidi ses ardeurs et lui a fait peur !

 

 

Contrairement aux autres ouvriers, il travaille peu côté « chantier ». En effet, le compteur électrique est dans « notre » partie. Mais il est très discret, parfois tant, que nous en oublions même qu’il est dans la pièce !

 

 


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Mardi 14 novembre 2006

 

 

 

Les maçons

 

 

Ce sont les bleus : les maçons, les bons à tout faire, à porter, à transporter,  à nettoyer, à faire des heures sans compter, etc.  Ils vont par deux : le chef (celui qui connaît la recette de la potion magique pour faire de bon béton, qui sait aligner les chiffres et les parpaings) et le bon à tout faire du chef (celui qui porte les seaux, les parpaings, celui qui lave, balaye, etc.) Ils se connaissent bien et sont indissociables tels les Dupont (quoi qu’ils ressemblent plutôt à Laurel et Hardi !)

 

 

 

 

Ils font le métier le plus salissant aux dires des autres (réflexion du charpentier : « toute cette poussière, je ne pourrais pas ! »). Ils sont les plus présents sur le chantier. C’est eux qu’il faut choyer, dont il faut admirer le travail, de façon à ce qu’il soit bien fait et que, s’il y a un défaut, ils acceptent d’y remédier !

 

 

 

 

Loin des clichés de l’ouvrier de 120kg, qui s’atèle à la tâche à 10 heures, fait une pause de 2 heures au déjeuner, puis fait la sieste pour digérer, nos maçons font un travail d’une qualité remarquable, sont discrets et d’une grande efficacité, ne rechignent pas à la tâche du lundi au samedi.

 

 

 

 

Ce sont deux ouvriers roumains (en situation régulière !) dont un diplômé de mathématiques : ça lui sert beaucoup, dit-il, pour calculer la portance des murs, la densité de la dalle ou le degré de solidité du béton = plutôt rassurant ! Il est orthodoxe et n’hésite pas à le dire quand il y a une fête religieuse qu’il veut respecter (notamment ses dimanches !). Jeune, 25 ans, il est grand, costaud, la chevelure bouclée blonde et le teint halé de l’homme qui prend le soleil dans les chantiers !

 

 

 

 

Il parle correctement français et nous explique qu’il est parti de son pays car en France, on gagne bien mieux sa vie. Il a de l’ambition et veut se mettre à son compte. Il sait construire une maison de haut en bas, des fondations à la charpente en passant par l’électricité. C’est un de ses ouvriers dont il faut garder bien chaudement les coordonnées car il est sérieux, efficace et travailleur.

 

 

 

 

Le deuxième n’est pas grand, les cheveux noirs avec une petite moustache. Il paraît freluquet, mais il ne faut pas s’y fier : il nous étonnera par sa force à plusieurs reprises. Il ne parle que peu français sauf pour dire « bonjour Madame, merci Madame » avec son sourire aux dents noircies par les cigarettes (jonchant le jardin) et gâtées par les kilos de sucre qu’il met dans son café… (c’est nous qui fournissons le sucre pour le café !).

 

 

 

 

Il est vite tombé en adoration devant notre fils, et au bout de 6 mois, il m’a confié qu’il a lui-même deux fils de 8 ans et 18 mois, qui sont au pays. Il m’a montré des photos qui m’ont totalement étonnées : ses fils sont deux beaux blonds, la bouille ronde et joyeuse, avec une vraie tête de russe ! Ils lui ressemblent tellement peu...  Mais il a des trémolos dans la voix quand il en parle et les yeux qui s’embuent. C’est touchant.

 

 

 

 

Nous apprenons qu’il a travaillé en Allemagne ; il parle d’ailleurs mieux allemand que français et mon mari peut ainsi enfin parler avec lui. Nous découvrons que, dans son pays, il était cuisinier ! Comme quoi, le bâtiment est une savante cuisine !

 

 

 

 

Je comprends à présent pourquoi il a toujours de bons petits plats (chauds ou froids) mais si certains n’ont pas toujours l’air ragoûtant ! C’est seulement après 7 mois, après avoir fait des progrès en français, qu’il osera me demander de lui réchauffer son déjeuner.

 

 

 

 

Nous sommes aux petits soins pour eux : café le matin, barbecue le samedi en été, boissons fraîches l’après-midi, et un petit verre d’apéro, une ou deux fois, (« jamais pendant le travail »), avant de partir le samedi soir… Ils ont plaisir à retrouver notre chantier après la coupure de l’été, et, en septembre, quand ils commencent à aller certains jours sur d’autres chantiers, nous sentons qu’ils sont heureux de revenir chez nous !

 

 

 

 

D’ailleurs, le départ de notre « jeune chef de chantier » est un moment difficile. Nous nous étions habitués à sa présence « rassurante » car toujours plein de bons conseils pour nous autres les bricoleurs du dimanche ! Mon mari a beaucoup appris en le regardant, ce que notre jeune chef n’appréciait pas toujours car il est très susceptible. Mais il avait plaisir à prendre le rôle du professeur !

 

 

 

 

Nous avons donc ouvert le champagne pour le remercier de son travail. Nous gardons son numéro personnel en poche, espérant pouvoir lui demander de venir nous aider à avancer notre chantier.

 

 

 


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