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Il faut tout, tout prévoir !

Un blog sur un chantier ? Quel intérêt ?

Oui ! Mais quand le chantier est habité par la Famille Dindon (Delafarce) et que une femme qui raconte les travaux, ça peut devenir amusant... surtout quand ça dure, ça dure... un an , deux ans, trois ans....

 

  avant /
après

 

 









- Pour les paresseux qui n'aiment pas lire, vous trouverez des
albums photos tout à fait parlants... (photos Bergère, tous droits réservés)
- Pour connaître le début de l'histoire, allez dans la catégorie "chronique".
- Pour avoir une vision plus globale de l'histoire avec photos, allez lire mes "mails".
- Pour savoir où nous en sommes aujourd'hui, cliquez sur "les dernières avancées du chantier".
- Pour en rire un peu, allez tester "mes humeurs"
- Pour connaître l'histoire depuis le début (si vous avez du temps), allez dans "articles récents" et cliquez sur "liste complète", le début étant, tout à fait logiquement, à la fin !.

chronique

Dimanche 29 octobre 2006

 

 Et voilà !

 Fin octobre déjà ! Le dernier coup de pinceau a été donné, les échelles remballées. ILS sont partis. PPPFFFFFUUUUUU ! Chez nous, pour de bon !

 Petit tour du propriétaire, l’heure de tirer des conclusions. La maison est jolie avec son agrandissement. Nous allons avoir de l’espace. Dans le jardin, encore deux ou trois parpaings, un vieux radiateur rouillé, quelques chutes de bois de la charpente et un tas de sable, seuls vestiges du passage de notre armée d’ouvriers. Seuls ? Non ! La terrasse a besoin d’être décapée ; le jardin est dévasté et je me demande comment l’herbe pourra y repousser un jour…  

 

 

Et maintenant ?

 Les travaux sont finis. Qu'allons-nous faire à présent ? Par quoi commencer ?

 

Il n'y a pas trop à réfléchir, le départ des ouvriers symbolise le début d'une longue période difficile à cerner : et si nous  bricolions … pour changer ? Ca n'est pas un début car nous bricolons depuis notre arrivée dans la maison (environ 18 mois) mais c'est une étape car nous savons que les travaux n'avanceront plus tout seuls à présent.

Il est vrai que l'avantage d'avoir des ouvriers chez soi, c'est que même en s'absentant quelques heures, le travail avance comme par magie (enfin c'est une magie qui fonctionne par absorption des économies de la famille directement en direction de la poche du maestro). Maintenant, plus d'ouvrier magicien !

Où en sont nos réserves d'huile de coude ?...

 


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Dimanche 22 octobre 2006

 Y’a un truc qui cloche aujourd’hui

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui 

Je ne sais pas quoi.

Ce matin, je me suis réveillée (non ! rien d’anormal jusque-là)

Sans perdre une minute, vite habillée de haut en bas

Les enfants levés, petit déjeuner avalé

Vite à l’école sans tarder, la journée peut commencer.

Tout est normal ?

Pourtant, Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

J’ai regardé avec plaisir mon salon enfin agrandi

 Hier, nous avons fêté super-Mamie avec toute la famille

 Les cadavres de bouteille se mêlent aux flûtes et aux miettes

 Rappelant les discours, la joie et les rires de la fête

 Mon salon est inauguré, je n’ai plus qu’à ranger

 Tout parait normal ?

 Pourtant, Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

  J’ai préparé le café, mis le linge à laver, tout rangé nickel

 Les enfants sont à l’école, c’est calme, silencieux même

 Pas un avion dans le ciel, les ministres ne font pas d’étincelles,

 Tout le monde est éveillé mais le quartier semble ensommeillé

Vraiment bizarre cette journée !

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui…

J’ai dû oublié quelque chose : un anniversaire ? un rendez-vous ? une fête ?

Pas encore félicité de l’arrivée du dernier-né ?

Bienvenue Maxence ! Oscar se réjouit de ta naissance !

Etre grand oncle à trois ans, c’est drôlement amusant !

Déconcertant ce matin,…

Y’a un truc qui cloche aujourd’hui

Non ! Rien à voir avec tout ça ! Le calme me perturbe

Le silence résonne dans ma tête ! Ce doit être le champagne de la fête !

Il faut se remettre au boulot et reprendre peintures et rouleaux !

Il n’y a pas de bruit, je suis seule aujourd’hui.

 

C’est donc ça qui ne va pas ! Après 9 mois, pas un ouvrier n’est là !

 Plus besoin de se lever dès potron-minet pour être prêts à leur arrivée 

 Pas de « bonjour Mdame», pas de café à préparer

 Pas de tronçonneuse, pas de bétonneuse, pas de bruitonneuse….

 Pas de wc occupés, de « pardon, je pourrais passer ?»

Je suis enfin CHEZ moi, c’est agréable après plusieurs mois !  

Plus d’ouvriers ?

 Pas tout-à-fait ! Il reste quelques coups de peinture à donner, une gouttière à installer. Trois jours maxi, selon Maestro. Traduction : encore 10 jours ? Néanmoins, les ouvriers sont déjà partis vers d’autres chantiers et j’ai l’impression que cette fin de chantier va s’éterniser et que nous allons passer notre temps à leur courir après…

  Effectivement, ça va, ça vient. Une demie journée par-ci, une heure par là, une couche de peinture, un volet fixé, une autre couche de peinture, un crochet de volet, un nettoyage de chantier, encore quelques bruits et quelques trous, histoires de se remettre dans l’ambiance…

 Et puis, le charpentier qui n’en finit pas de ne pas venir. Il faudra le menacer de donner le chantier à Maestro pour qu’il se décide à arriver. Il nous sortira une fois de plus le couplet de l’ouvrier parfait, qui s’est fait avoir par Maestro avec qui il jure de ne plus jamais travailler. Il se permettra même de critiquer le travail fait par nos ouvriers, affirmant qu’il aurait fait cent fois mieux. C’est possible mais il aurait fallu dix fois plus longtemps, en passant notre temps à le supplier de venir. Il parle, il parle… Mais nous constatons que la qualité de son travail est bien plus aléatoire que celle de nos ouvriers.

  Fêtes en chaîne

 « Mi-octobre » avais-je dit à notre puînée pour lui organiser un anniversaire. Et il me semblait alors que je voyais large ! Et bien, non ! Il y a quand même encore un ouvrier en train de peinturlurer notre maisonnée ! Mais, en voyant arriver une tripotée de demoiselles surexcitées, il a vite fait de terminer son mur et de nous laisser.

 « Fin octobre, nous fêterons la fin du chantier avec tous nos voisins ; le chantier aura été nettoyé, toutes les échelles et échafaudages enlevés. » Encore raté ! Le charpentier a retardé toute la fin du chantier ; le peintre doit à présent terminer de peindre les tuyaux de descente d’eau. Le chantier n’est donc toujours pas clos ! Qu’à cela ne tienne, les voisins viennent ! Ils avaient d’ailleurs l’air perturbé par notre invitation, dérangé dans leurs habitudes d’ermites. Mais ils étaient tous au rendez-vous, même ceux qui n’avaient pas répondu, et ils étaient ravis. Nous voilà définitivement accueillis ! 

 

 

 

 

 

 


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Dimanche 8 octobre 2006

 Tenez votre mari, il va mordre !

 C’était l’ambiance de la dernière réunion de chantier que nous avons eue : j’ai cru que mon mari allait sauter au cou du maestro et l’étrangler sauvagement jusqu’à ce que l’autre demande grâce…

 Le maestro, lui qui nous nargue avec ses sempiternelles formules toutes prêtes « il faut tout, tout prévoir » ou « tout doit être précis », lui qui se targue d’être l’homme qui prévoit tout, qui dit tout et avec qui il n’y a pas de surprise, ce même homme nous annonce « mais je pensais que vous aviez compris cette évidence » (tout à fait obscure…). Nous lui demandions simplement de nous rembourser la table de jardin cassée par les ouvriers. Il nous embrouille alors avec des vieilles histoires d’encombrants qu’il nous a débarrassés et s’étonne que nous n’ayions pas compris que c’était un coup de main échangé contre la table cassée… Mon mari fulmine ! S’ensuit un échange de haute volée : 15 A, 30-15, 40-15, 40-30, égalité… Chacun expose ses théories. Maestro est très fort ; il a réponse à tout, un vrai vendeur de tapis !

 Il nous embobine, se fait plaindre, et retourne la situation à son avantage. La paix ! Faites-le taire ! Qu’on en finisse...

 Octobre sonne à la porte

 Déjà ! Petit clin d’œil à Maestro : ça n’est toujours pas fini…

 Le peintre s’active à l’extérieur, moi à l’intérieur. Plus que quelques jours pour rendre une âme à notre salon : plafond et murs reprennent des couleurs, quel bonheur !

 La fête, c’est demain. L’enduit n’est et ne sera pas fini, et la peinture non plus ! En revanche, aujourd’hui est un grand moment dans nos travaux : nous enlevons la cloison qui séparait notre salon en deux (« notre » salon de celui des ouvriers !). Nous dégageons sans ménagement tous les restes oubliés des ouvriers. Une nouvelle perspective s’offre à nos yeux. Nous regagnons du terrain et découvrons notre nouveau salon. C’est fabuleux ! Nous sommes tout excités ! C’est un peu comme une naissance : bienvenue à la maison !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Dimanche 1 octobre 2006

  Le début de la fin

 Le plombier a fini son ouvrage. Il a fait un travail magnifique et c’est extrêmement agréable de voir des artisans méticuleux et soucieux de la qualité de leur travail. Ca existe donc !

 Nous apprenons qu’il travaille beaucoup par le bouche à oreille, au noir évidemment. Nous apprenons également combien il reçoit pour notre chantier et nous nous étranglons de rage devant la petitesse du chiffre ! Payer cher pour avoir quelqu’un de valeur est une chose ; mais payer cher et se rendre compte que ça n’est pas pour ladite personne de valeur mais pour enrichir le patron est exaspérant. Ca ne fait que nous confirmer une fois de plus que le maestro applique des prix prohibitifs et que nous sommes les dindes de l’affaire ! C’est rageant et vexant de savoir qu’on se fait plumer. Quelle rage de le voir arriver avec sa camionnette, rénovée et réaménagée à neuf récemment, et de se dire que c’est nous qui l’avons payée… Et il ose nous dire qu’il ne fait plus de marge sur notre chantier !

 L’électricien a également achevé son travail. Ouvrier de la première heure, il avait déjà travaillé sur notre chantier en février ; c’est donc avec une certaine émotion que nous le voyons partir. Ca avance donc !

 Il ne reste plus que les maçons qui s’attaquent à la façade ! Ca sent bon la fin ! Enfin, nous voyons autre chose que des parpaings !

 La fin ? Elle nous semble toujours tellement loin ! La fin du travail des ouvriers, oui ! Le début pour nous ! Quand on voit notre intérieur, encore chargé en gravas, poussiéreux à souhait, et sans électricité, nous revoilà assaillis par le doute et le découragement.

 Il va falloir des mois pour faire tout ça ! Isolation des combles, pose de BA13 (plaque de plâtre à Bord Aminci 13 mm !), carrelages, aménagement de la douche, enduits de tout l’étage, ragréage, pour enfin arriver à la finition, peinture, parquet et moquette. Le tout, les week-ends seulement ? Une année minimum ! Quel vertige !

 Avoir un objectif…

 Le voilà ! L’objectif qui requinque : un anniversaire à organiser chez nous dans un mois, trente personnes !

 Prendre les choses une par une pour ne pas se décourager : en d’autres termes, finir une pièce avant d’en commencer une autre pour se rendre compte que ça avance ! Objectif : séjour viable !

 Il reste 3 semaines : tous à l’œuvre. On ponce, on enduit, on sous-couche, on ré-enduit…

 Il reste 2 semaines : on enduit, on ponce, on sous-couche, on découpe les dernières plaques de plâtre… Ouf ! Ca avance, on devrait arriver à tenir le timing !

 Il reste une semaine : je n’y crois plus ! J’ai découvert que les priorités des uns ne sont pas celles des autres. Mon salon ne sera pas terminé pour l’anniversaire (et encore, j’entendais par « terminer », simplement le fait d’avoir fini les peintures car je savais que pour le parquet, le délai n’était pas tenable.)

 Notre « chef de chantier » roumain est parti vers un autre chantier. Il s’est dépêché de terminer quelques petites bricoles mais l’enduit de la porte du salon ne faisait pas partie de ses priorités…

 …n’est pas forcément prioritaire

 Tout comme, ce même enduit ne fait pas partie des priorités de mon mari. J’en reste pantoise. Je ne comprends pas bien… Je croyais que l’objectif était de terminer le salon pour la semaine prochaine ?

 Oui, mais finir la lasure extérieure est prioritaire depuis qu’il y a une grande échelle installée pour quelques jours. Dégager les gravas également… Et comment je fais pour finir la peinture si les enduits ne sont pas faits ?

 Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, sûrement ! Quand j’ai l’objectif de peindre ab-so-lu-ment tout de suite maintenant, pour avancer coûte que coûte, même si rien n’est prêt pour cela, il est inconcevable que je n’acquiesce pas… 

 Pas grave ! Mon salon ne sera donc pas achevé la semaine prochaine….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Samedi 30 septembre 2006

  Septembre sans attendre

 La rentrée est là. Les enfants perdent rapidement le bénéfice de leurs vacances : l’omniprésence des ouvriers les empêche de profiter de toute la maison, le bruit et la poussière, bref, le stress des travaux revient rapidement les animer… Il faut dire que nous avons dû les mettre tous les trois dans la même chambre pendant deux semaines avec, pour toutes affaires, la valise de leurs vacances et les quelques jeux reçus lors de leurs anniversaires cet été. « De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes des enfants gâtés ! Beaucoup d’enfants dans le monde n’ont même pas ça ! Et tout ça, c’est pour votre bien-être ! » Discours abstrus pour des petits français moyens…

 Tout ça pour une bonne cause, une avancée importante ! Relier les deux parties de la maison ! Nous avons l’impression d’être au bord de la manche quand le tunnelier vient d’achever de relier l’Angleterre et la France ! Victoire ! C’est le bout du tunnel ? Le début de la fin, peut-être !…

 Notre petit dernier découvre enfin sa future chambre dont on lui a tant parlé ! Un jour, mon chéri, un jour….  

 Plus de temps à perdre. Le maestro nous dit que dans une semaine tout est fini (enfin, pour eux).

Traduction : encore au moins trois semaines.

 Nous attendons l’arrivée du plombier. Pas de plombier. « Comme le chantier a pris du retard, il n’est plus disponible ; vous comprenez bien ? » Non, maestro ! C’est votre problème ! Pas le nôtre ! Je vois alors passer quelques ouvriers que je ne connais pas. Deux molosses, blonds, avec des gueules de gardes du corps du KGB, tout droit sortis d’un film d’espionnage américain ! Non, pas disponibles non plus ! SOS ! Recherche plombier désespérément !

L’urgence qui mine

Et le voilà ! LE plombier polonais ! C’est nous qui l’avons ! Evidemment, nous n’avons pas été prévenus de son arrivée. D’où un nouveau stress : faire les enduits, peindre les radiateurs avant la pose, trouver les radiateurs qui manquent et des robinets thermostatiques… « Vous voyez, il faut tout, tout prévoir » Nous sentons le maestro sourire sous cape : il nous avait prévenu… c’est un métier de tout prévoir ! … Le sien… Pour nous, c’est du stress, encore et encore…. Ca mine.

 Mais nous arrivons à le prendre à son propre piège : « Au fait, vous avez prévu quoi pour les descentes d’eaux pluviales ? Rien ! Mais à quoi on vous paye ? Je croyais que vous étiez le spécialiste pour TOUT prévoir ! » Les relations entre maestro et mon mari deviennent très électriques. Ils ne se supportent plus, c’est visible. L’un continue d’avancer des additifs prohibitifs au devis initial – Souvenez-vous, Monsieur, vous aviez retiré cette chambre du devis électricité et l’électricien s’est trompé et l’a fait quand même ; il faut payer maintenant ! - L’autre essaye de garder sa bourse close en obtenant le plus de travaux possibles. Il est temps que ça s’arrête où les noms d’oiseaux vont fuser. Ca aussi, ça use.

 Le désespoir

 Difficile de suivre un chantier et de garder les idées claires au boulot. Deux pressions, c’est une de trop. Alors, certains jours, c’est difficile ; certains soirs, c’est dur ; certaines nuits, c’est désespérant.

 Désespoir de la rentrée où tout l’entourage gentiment demande : « alors, c’est fini ? ». Et de s’étonner que ça ne le soit pas. Et la voisine «  c’est long, non ? »  Non ! S’il vous plait, ne posez plus la question. 

 Désespoir, les jours de grande fatigue, après avoir passé son week-end à bricoler, de se rendre compte de ce qu’il reste à faire.

 Désespoir, malgré le travail déjà accompli, de ne toujours pas avoir de place pour ranger ses affaires et de passer des heures à chercher ses outils…

 Désespoir qui passe de l’un à l’autre, insidieusement, et s’augmente quand les enfants nous disent tout leur ras-le-bol des travaux.

 Des espoirs ? Il en faut pour se motiver et continuer. L’espoir du lendemain qui rend tout possible jusqu’au prochain coup de blues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Samedi 12 août 2006

 

Vive les vacances !

Rendez-vous dans un mois, le temps pour nous de « bricoler » notre intérieur pendant les vacances. Ils l’ont dit à la radio : « la nouvelle destination à la mode des français, c’est chez eux ! Ils mettent à profit leurs congés pour refaire cuisine, salle de bains, ou mettre un coup de jeunesse à la peinture de leur séjour ! » C’est tout nous ! Toujours rassurant de savoir que nous sommes bien des français moyens !

Après une semaine de repos en Bretagne,  mon mari retourne seul bricoler notre intérieur. Sans femme et enfants, donc sans horaires et contraintes, il avance vite et devient le roi de l’enduit et du placoplâtre. Le rythme est effréné : lever 8 heures, vague pose déjeuner, dîner 21 heures, complètement crevé par la journée, nuit réparatrice bienvenue. Comment les ouvriers font-ils pour tenir ce rythme toute l’année ?!!

Au bout d’une semaine, je le rejoins pour l’aider. Le retour dans la réalité de notre maison est difficile : ne pas marcher pied nu car le sol est sale, tenter de trouver un endroit pour poser sa valise et finalement l’entasser sur un autre tas, chercher constamment ses affaires sans les trouver car elles ont été changées de place au gré des travaux… Respirer un grand coup et se dire qu’il n’y a qu’une solution : avancer.

Et nous continuons notre chantier : enduire, poncer, peindre, carreler, monter une porte, lazurer, etc. Le quartier est calme. Nous pouvons faire du bruit sans trop craindre de gêner les voisins !

Nous avons hâte de voir revenir les ouvriers pour qu’ils constatent que nous avons bien avancé et que, quoi qu’ils en disent « c’est très difficile à faire un bon enduit », on peut se débrouiller sans eux !

La principale difficulté de cette semaine de travaux sera de trouver « la » bonne couleur pour notre séjour. Un casse-tête, il n’y a jamais la teinte que nous voulons où alors pas dans la texture que nous souhaitons. Verveine, tilleul, figue de Marseille, melon, citron, ce sont les couleurs du nuancier et pas ceux de la carte des desserts du resto du coin !

 

 

 

 

 

 

 

Bientôt la rentrée

 

C’est dans une semaine ; je suis quelque peu découragée en voyant l’état de la maison à une semaine de la rentrée. Les ouvriers sont revenus depuis moins d’une semaine et ils ont très vite investi la place libérée : outils et poussière dans toutes les pièces ou presque !

 

Nous avons donc fait un grand rangement dans notre « partie » et un ménage trimestriel dans la salle de bain qui ne ressemblait plus à rien. Le lendemain matin, le maçon devant tant de propreté m’a demandé s’il pouvait monter à l’étage et s’est déchaussé ! Et oui, Madame est rentrée de vacances, le ménage a été fait ! Le propre attire le propre. Enfin… un peu… pas longtemps….


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Dimanche 23 juillet 2006

 

 Et le chantier s’arrête plus qu’il ne s’achève…

 Et nous y voilà, le 15 juillet : le miracle ne s’est pas produit. Le chantier n’est pas terminé, pas de grand sorcier, ni de magicien pour taper dans ses mains… En revanche, l’heure des congés a sonné et le chantier ferme jusqu’au 15 août. Chacun retourne au pays (Algérie, Roumanie, Turquie, Bretagne ?….).

 Dans son langage, le maestro nous indique qu’il y en aura encore jusqu’à mi septembre. Nous traduisons : « compter jusqu’à octobre minimum » sans compter les imprévus.

 Les ouvriers ont tout méticuleusement rincé et rangé. Nous nous émerveillons devant la taille de notre jardin et devant les quelques plantations qui ont survécu aux jets de planches pleines de clous rouillés !

 

 


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Dimanche 25 juin 2006

 En juin, ça avance !

 Les murs renforcés, la dalle coulée, nous pouvons respirer un peu et recommencer à rêver de la suite ! Nouvel arrivage de parpaings, sable, cailloux, et autres ciments dans notre jardinet défoncé…

 Voilà notre salon recouvert ! Plus besoin de parapluie pour aller aux WC ! En revanche, il faut regarder où nous mettons les pieds (surtout le soir dans le noir) : notre salon ressemble à une mosquée avec ses 100 piliers ! Pour la même raison, il devient difficile d’accéder à la cave et les lessives sont réduites au minimum (encore une concession de la propreté !)

 La mauvaise surprise sera de constater que les doublages ont souffert des averses de mai et qu’il faut les changer ! Curieux ! A se demander si les ouvriers n’ont pas fait exprès de ne pas bâcher pour nous facturer des travaux supplémentaires ! Nous devenons soupçonneux…

 Le maître d’œuvre vient nous voir avec une nouvelle annexe au devis ; nous commençons à connaître ses manières et discutons de l’utilité, de la façon de faire et surtout du prix de chaque point. Mon mari, bricoleur amateur éclairé il y a encore quelques semaines, a rapidement acquis un savoir via internet et des connaissances techniques auprès des ouvriers qui lui permettent de négocier en toute connaissance de cause. Ce qui agace occasionnellement le maestro dont nous maîtrisons de mieux en mieux le langage : « ça avance » veut dire « nous avons pris du retard »  et « c’est possible » veut dire « il faut payer un supplément ».

 Les murs montent chaque jour et, chaque soir, nous montons l’échelle pour voir l’espace qui se dessine, tous ces mètres carrés supplémentaires que nous aurons peut-être un jour ! Quel palais ça sera !

 Puis ça traîne !

 Après presque 6 mois de vie dans la poussière, dont 3 dans les gravas et les courants d’air,  la fin nous semble encore si loin !

 Les semaines défilent, personne ne ménage sa peine. Les périodes d’euphorie succèdent aux périodes d’abattement, les semaines où rien ne semble avancer aux semaines où tout va vite (ou trop vite). N’est-ce pas la vie, après tout ?

 Il nous semble désormais normal, et pour longtemps, de vivre dans un chantier, de ne plus enlever la poussière, de voir arriver les ouvriers les samedis matins, de laisser les enfants  se rafraîchir dans des bassines d’eau au milieu des poubelles et des outils !

 Théoriquement, la fin du chantier est prévue dans…. 3 semaines ? Non ! Pas possible ! Ils prévoient l’intervention d’un mage pour finir le chantier d’un claquement de doigt ?

  Les murs sont montés mais nous attendons le charpentier qui se fait désirer. Le maître d’œuvre est en rage après lui ; il lui plombe son planning, lui qui nous l’avait vendu comme un des meilleurs ouvriers de France ! La situation semble inextricable : un vrai sac de nœuds !

 Et puis, un matin il arrive, le petit roi charpentier, avec sa cargaison de tuiles, et de poutrelles. C’est étonnant ce qu’une maison peut engouffrer de matériaux (parpaings, ourdis, sable, ciment, bois, tuiles, etc.) ! Combien de tonnes sont passés par le portillon du jardin depuis le début des travaux ? Cette pensée nous laisse pantois. Espérons que notre nouvelle super structure pourra supporter tout ça ! Stupéfiant !

 Interlude estival

 Et les pluies d’orage de ce début d’été commencent (car le toit n’est évidemment pas bâché) ; malgré la dalle du 1er, de l’eau s’infiltre au RDC sur le plafond et les isolations flambant neuves que les ouvriers viennent d’installer et qui laissent apparaître quelques tâches d’humidité… Un dimanche évidemment ; c’est toujours le dimanche les grosses pluies !

 Rapidement, j’escalade l’étage, enjambe la fenêtre et plonge dans la piscine de notre future chambre : 5 cm d’eau au moins sur toute la dalle (pas étonnant que ça coule sur nos plafonds neufs !)

 C’est comme ça que je me retrouve au premier à jouer les équilibristes sur la charpente naissante pour tenter de mettre une vague bâche trouvée dans leurs affaires. Puis avec une pelle à poussière, j’écope plusieurs litres dans une bassine, tandis que la bâche, poreuse, continue de laisser passer l’eau… Après une heure d’effort, le vent s’en mêle et achève d’emporter une partie de la bâche, et le reste de mes illusions. J’abdique. Il y en a qui vont m’entendre demain !    

 Tout désolés, ils ont vidé l’eau le lendemain, comme dans une baignoire ; ils ont ouvert « la bonde » en faisant deux gros trous dans nos murs tout neufs ! Evidemment, je n’y aurais pas pensé ! La maison sera dorénavant bâchée jusqu’à ce que les tuiles la protègent !

 

 


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Dimanche 30 avril 2006

   Nous y sommes ! A peine le temps de nous remettre de nos « petits travaux » d’aménagement du RDC que nous réintégrons un trois pièce cuisine, comme avant notre déménagement (mais de 50 m2 seulement !).

 

Mise en place

 Nous refaisons quelques cartons, remisons au garage les meubles en trop (presque tous !), entassons les enfants dans les deux chambres du haut et transformons notre salle à manger en salon, chambre à coucher !


La cuisine, fraîchement achevée, devient alors notre pièce à vivre comme au moyen âge. Nous voilà installés pour plusieurs mois, avec un minimum d’affaires, dans un confort tout relatif.

Les ouvriers nous fabriquent, avec une grande planche de contreplaqué, une cloison de fortune (avec porte) afin de séparer la partie domestique de la partie chantier. Nous voici chez nous... dans le chantier des ouvriers !


L’excitation de pouvoir enfin commencer notre projet, occulte la difficulté que sera la vie de chantier et notamment le principal soucis : le wc de la salle de bain situé dans la partie en travaux…

 

En ce début d’avril, le printemps arrive timidement et je vois apparaître avec joie, comme par magie, des fleurs dont j’ignorais l’existence. Mais bientôt, à côté des primevères et des coquelicots poussent spontanément pêle-mêle : bétonneuse, tas de cailloux et de sables, parpaings en quantité, échelles et échafaudage, ciment, brouettes, pelles, seaux, mégots de cigarettes, etc.

Les quelques fleurs qui commençaient à jaillir joyeusement de terre sont alors bien vite encerclées de bois de coffrage et autres bâches.



 En quelques heures, mon jardinet mignonnet se transforme en terrain vague de chantier et les quelques  jeunes pousses sont vite sacrifiées par des ouvriers n’ayant pas le temps de s’extasier sur la beauté de la nature qui renaît !


 En avril…

 En quelques jours, les tuiles du toit ont rejoint les restes des primevères, tandis que les poutrelles viennent écraser les plantations de muguet et de tulipes qui ne verront certainement pas le jour cette année ! 

 

Le toit est maintenant enlevé sur la moitié de la maison ce qui donne une inhabituelle luminosité au salon (plein nord) et une fraîcheur certaine au reste de la maison. Nous nous souvenons alors avec nostalgie de nos grand-mères : « fermez les portes et les fenêtres, vous chauffez les petits oiseaux ! ». Peine perdue ! Même si par habitude, nous continuons à fermer les volets le soir pour nous sentir chez nous, tout en profitant du ciel étoilé qui couvre désormais nos murs !  

...ne te découvre pas d’un fil.

Comme il nous faut passer par la partie en travaux pour atteindre la salle de bain/wc, la toilette du soir fait remonter à la surface des souvenirs de jeunesse : quand en camping, le soir à la lueur d’une lampe torche, dans le noir complet (pas de courant évidemment), il faut aller prendre une douche et se laver les dents, par 5 ou 6°, avec des bruits nocturnes pas toujours rassurants…. Nous prenons donc vite l’habitude d’aller à la  douche avec manteau, (voire même parapluie et bottes !), une torche et un bonnet…

Derrière notre cloison de contreplaqué, colmatée au maximum pour limiter les courants d’air, la température de la pièce n’excède guère 13° la nuit. Cependant, sous nos 5 couvertures, avec nos pyjamas, chaussettes et polaires, nous nous surprenons à dormir d’un bon sommeil ; ils sont loin nos 23° douillets de notre ancien appartement ! Avantage de la situation, devant la fraîcheur de la maison, les microbes hivernaux ne trouvent pas refuge chez nous et nous passons au travers des différentes épidémies saisonnières.  

Le mur qui avait été décoré par les enfants entre l’ancien salon et sa chambre mitoyenne, est tombé, comme à Berlin, ouvrant un nouvel espace sur une vaste ruine de guerre qui verra peut-être naître un jour un plus grand salon …

En mai, premières tuiles

Une fois le toit enlevé, nous découvrons avec stupeur que cette partie du bâtiment, construite par l’ancien propriétaire il y a 30 ans, a été faite en dépit du bon sens. Pour faire une maison, il faut en principe : des parpaings de 20 cm d’épaisseur,  des tiges métalliques à tous les angles de la maison et au milieu, et des fondations suffisamment profondes et larges pour soutenir tout ça. Dommage, il n’y a rien de ça chez nous !

 

Les maçons restent interdits devant la légèreté de la structure de la construction. Décidément, ces maudits vendeurs trouvent encore le moyen de nous gâcher la vie ! Leur maçon nous a menti sur la qualité de son travail, mensonges réitérés à notre maître d’œuvre : quel manque de conscience professionnelle !

 

Le chantier s’arrête quelques jours pour décider de la suite : raser tout ? redoubler les murs en totalité ? renforcer la structure ?


C’est pour nous un véritable coup de massue. Nous retombons sur terre : adieux veaux, vaches, cochons… Voilà une tuile qui va nous coûter quelques briques… Nous qui pensions que c’était une assurance de qualité d’acheter une maison à quelqu’un du métier : à un architecte, peut-être, mais pas à un zingueur de base même s’il a monté les échelons de la hiérarchie ! Jamais cordonnier n’a été si mal chaussé que cet ancien propriétaire qui était dans le bâtiment : il aurait participé à la construction du bâtiment E de l’aéroport de Roissy qui s’est effondré que ça ne m’étonnerait pas…


Décision sera prise de renforcer la structure, un bon gros additif au devis et deux semaines de travaux en plus ! Avions-nous le choix ?


Nous refaisons l’histoire cent fois : pourquoi diable avons-nous acheté cette maison ? Pourquoi pas une autre plus loin sans travaux ?  L’avons-nous payée trop cher maintenant que nous en connaissons tous les défauts ? Si nous avions pu savoir, qu’aurions-nous fait ? Mais aurions-nous pu savoir ? C’est ce que sous-entend le maître d’œuvre mais comment aurait-il pu voir que les murs n’étaient pas faits avec des parpaings de 20 cm, sans faire un trou dans le mur ? Si évident à demander quand on visite une maison ! « Excusez-moi Madame, je peux mettre un coup de marteau-piqueur dans votre séjour ? » Si facile de donner des leçons a posteriori !

Restons zen


 Bilan :

   1/ Nous sommes sans toit.

 2/ Notre futur grand salon est régulièrement balayé et nettoyé par les pluies d’orage de début mai qui ruissèlent ensuite jusqu’à la cave et l’inonde (et pas que la cave comme nous le verrons ensuite) Mais pourquoi donc, n’ont-ils pas bâché le chantier le soir !

 3/ Les températures ont du mal à rester printanières et nous sommes bien loin du mois de mai caniculaire de 2003.

 4/ Les travaux ont pris au moins deux semaines de retard 

5/ Nos nuits sont peuplés de maisons en château de cartes et nos jours de poussière et du bruit des scies circulaires et autres perforateurs qui font trembler les murs pour mieux les renforcer.

6/ Notre bourse vient d’être délestée de sa soupape de sécurité.

 

Pas de panique, restons philosophes ! Nous y sommes jusqu’au cou et il n’est pas possible de faire marche arrière. Restons vigilants.


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Samedi 25 février 2006

Le contrat était : « nos enfants partent en vacances ; vous avez deux semaines ! » Pari tenu. Voici donc, dès potron-jacquet ou presque, maçons, plombier, électricien et maître d’œuvre qui débarquent avec matériaux et matériels !

 

S’organiser !


Nous avons immigré dans les chambres des filles où il n’y a guère à faire sinon liquider la paperasse et  les factures en attente, faire les comptes et fignoler les plans de ma future cuisine (un plaisir !).

  

  

Car il n’y a plus de cuisine pour l’instant (pour 2 semaines ou 3 semaines, pensais-je naïvement à l’époque…). Notre salon sert de garde-meubles et de garde-manger ; le micro-ondes sur le coin de la cheminée réchauffe les surgelés de la quinzaine et l’eau est bien fraîche, en ce début de février, sous l’unique robinet de la maison… à l’extérieur de celle-ci !

  Très rapid ement, un premier mur tombe : les wc se retrouve au milieu de la cuisine et donc des ouvriers… Une situation cocasse et d’un pratique ! Pour ma tranquillité, je préfère prendre ma voiture quand la situation devient très « urgente »  pour aller, à quelques kilomètres de là, chez une amie partie vers une autre poudreuse en me laissant ses clefs !

 

 

 

 

 

 

 Idem pour se laver car, bien vite, la baignoire, tel un nain, ne sert plus qu’à orner notre jardin ! Et se laver devient un luxe quand la poussière rend les cheveux secs et rêches en une journée ! Mon teint devient terne et toute poudre inutile !

 

 

 

 

 

Prévoir la suite

 

 Ce petit avant-goût nous met rapidement dans le coup et nous donne quelques angoisses quant au gros oeuvre à venir !

 Nous prenons des notes pour notre future organisation personnelle :

 1/ mettre des bâches et des protections partout car la poussière s’infiltre même à l’étage, portes fermées ; arrêter de faire le ménage !

 2/ éloigner le petit dernier au maximum car les bruits des perceuses, scies circulaires et autres perforateurs ne sont pas de son goût, surtout du lever du jour au coucher, en passant par la sieste... D’ailleurs, prévoir des activités extérieures la journée car le bruit tape rapidement sur le système… 

 3/ Travailler sur le chauffage implique de le couper, quelque soit le mois de l’année… Prévoir couvertures…

 4/ se faire à l’idée que « vivre chez nous » n’est plus le terme approprié ; dire plutôt « nous vivons dans le chantier de nos ouvriers », bien plus proche de la réalité !

 

Les travaux avancent vite ! Le RDC devient notre RDC et prend tournure chaque jour. Pour la décoration, il faudra attendre encore un peu ; c’est du brut !

 

Nous découvrons que la suite des travaux est déjà prévue dans les travaux actuels et que l’intervention des différents corps de métiers est ultra programmée pour que tout s’imbrique parfaitement !


Donc pas de regrets, à ce stade, ni sur le choix de notre maître d’œuvre, très présent et efficace, ni sur les sommes lâchées ; nous n’aurions jamais pu en faire autant, aussi vite...


 Mettre les choses au point


Nous sommes globalement satisfaits de la qualité du travail des ouvriers, exception faite du plombier, qui se moque bien de moi (par ignorance évidemment !) en me voyant monter un meuble de salle de bain en kit avec une visseuse électrique, mais n’est, quant à lui, pas capable de faire ni une belle soudure, ni un joint qui tienne, ni même de centrer le robinet de la baignoire !


Nous apprécions alors la présence du maître d’œuvre qui est sur tous les fronts : son leitmotiv « Voyez ! Il faut tout, tout prévoir ! »  Effectivement ! De la porte prévue trop large qu’il faut échanger, à la poutre à remettre droite à l’instar du fameux robinet pas non plus centré, etc. Nos observations sont prises en compte avec attention, ce qui est agréable et, nous apprenons rapidement à imposer nos choix.

 

Si le savoir-faire du maître d’œuvre et de ses ouvriers est indéniable, ses choix en matière de design (« moyenne gamme classique » disait-il) ne sont visiblement pas les nôtres et nous reprenons vite la main. Il apprendra également rapidement que nous avons, non seulement des goûts, mais également du savoir-faire (grandissant chaque jour) en matière de bricolage et qu’il ne pourra pas nous vendre n’importe quoi !


Nous commençons à parler « maître d’œuvre » : « c’est possible de le faire si vous le souhaitez » veut dire « pas prévu dans le contrat, mais je vous fais un additif » (toujours bien salé) ; « il y a un imprévu, comme souvent dans la rénovation » veut également dire « il va falloir rallonger la monnaie !».   C’est un début mais l’avenir nous apprendra à quel point ces imprévus peuvent peser sur nos choix, et sur notre bourse.


 Au boulot !

 

Pari réussi ; après deux semaines intenses, nos ouvriers prennent congé ; nous pouvons à nouveau nous laver chez nous et soulager nos besoins intimement ! La cuisine est agrandie, aux nouvelles normes électriques, et prête à accueillir machine à laver et évier, ainsi que les meubles en kit qui habillent provisoirement la salle à manger et qui achèveront de projeter la pièce dans le troisième millénaire ! A nous de jouer !


Il est certain qu’après le départ des ouvriers, les travaux avancent moins vite : les week-ends n’ont scandaleusement que 2 jours et les jours que 24 heures ! Nous commençons à toucher du doigt que le temps passé à bricoler n’est jamais celui prévu à l’origine : 2 week-ends pour finir ? Donc, si on prend 2 qu’on le multiplie par l’énervement, l’imprévu, les outils manquants et le reste = 5 week-ends ?


Peinture, ragréage maison, carrelage, montage des meubles,  faïences, nous ne ménageons pas notre peine mais il nous faudra quand même plus de 5 week-ends pour achever la cuisine de mes rêves ! (soit en tout 7 semaines sans cuisine…).


Dernière leçon de cet avant-goût : quand les ouvriers sont là, tout va vite ; quand c’est à nous de bricoler, le temps se démultiplie à l’infini…


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